Sécurité routière 505, PC

Publié: avril 13, 2014 dans 5ème

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sécurité routière, 306

Publié: avril 13, 2014 dans 3ème

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Alphabet, 601

Publié: février 12, 2014 dans 6ème

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Projet Enluminure, 501

Publié: février 5, 2014 dans 5ème
Au CDI, les 501 ont affiché une exposition « Les enluminures au Moyen-Age ».
Dans un premier temps : Ils ont pendant plusieurs scéances d’Histoire travaillé avec leur professeur Mme BANNOU Marie-hélène sur les différentes lettrines : ils en ont coloriéés, puis ils en ont construites eux-mêmes.
Dans un deuxième temps : ils ont décris et analysé des enluminures montrant la société au Moyen-Age, ce travail a été mené avec l’aide de Mme JACTARD, professeur documentaliste.
Ils ont également signé « un manuscrit d’or » en dessinant une lettrine sur un carré de 3cm sur 3cm  qu’ils ont collé sur une page d’une manuscrit : ils ont ensuite signé leur nom à la plume.
Le manuscrit d’or est placé au CDI et les élèves qui le souhaitent peuvent à leur tour dessiner une lettrine et signé.
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Escher et les mathématiques, 5ème

Publié: novembre 2, 2013 dans 5ème
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Escher et les mathématiques. HDA: Arts et science.
 
Oeuvre support: Les lézards d’Escher, sur laquelle s’imbriquent des lézards emplissant tout le plan.
 
Objectifs: Réactivation de la notion de symétrie centrale, propriété de conservation.
 
Dans le cadre du parcours culturel, les élèves de la classe de 505 ont découvert un artiste peintre du 20e siècle qui utilise les mathématiques puis réalisé à leur tour un pavage du plan.
 
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Travaux des 506
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Fiche HDA – Montagnes tahitiennes – Gauguin

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Image  —  Publié: septembre 11, 2013 dans 6ème, histoire des arts

3ème, David Olère

Publié: avril 3, 2013 dans 3ème, Arts et pouvoir

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3ème, Staline

Publié: avril 3, 2013 dans 3ème, Arts et pouvoir

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musique et propagande

Publié: mars 26, 2013 dans 3ème, Arts et pouvoir

Musique et propagande 1-correction (4)

musique

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Problématique et analyse
Comment l’auto portrait met-il en évidence la volonté de l’artiste de s’imposer en tant que femme dans son couple et dans la société ?
Autorretrato con tehuana.Diego en mi pensamiento Oleo sobre masonita 1943

Date de l’œuvre : 1943.
Fait partie de la période surréaliste de l’artiste .
Frida Kahlo : Artiste mexicaine née le 6 juillet 1907.
Elle a beaucoup souffert dans son enfance et sa jeunesse à cause d’une maladie (la polyomélite ) puis d’un grave accident de bus qui la laisser paralyser pendant de nombreux mois. Suite a ce drame, elle commencera à peindre dans son lit en s’aidant d’un miroir placé sur le plafond de son lit à baldaquin.
Plus tard, elle fera partie du parti révolutionnaire mexicain et défendra l’émancipation des femmes dans la société mexicaine très machiste.
C’est à cette période qu’elle rencontre Diego Rivera, lui aussi artiste peintre, qui deviendra son mari en 1929. Ils connaitront une vie de couple très tumultueuse, divorceront en 1938 avant de se remarier en 1940. En 1943, année où elle a peint cette œuvre, elle se fera opérer de la colonne vertébrale et restera de longs mois en « enfermée » dans une corset de fer.
Après une vie de souffrance physique et psychologiques (trahisons de son mari), elle décèdera en 1954
Interprétation de l’œuvre
*Mise en avant de son féminisme par le port de sa tenue traditionnelle de Tehuna, région du sud ouest du Mexique qui a conservé les traditions matriarcales et dont les structures économiques relèvent du domaine de la femme.
*en portant cette tenue, elle veut aussi rompre avec les autoportraits européens pour mettre en avant sa culture : le mexicanisme.
*fierté pour sa culture pré-colombienne que les mexicains eux-mêmes ont rejeté pour imiter le modèle européen.
*elle veut incarner par la même le nouveau modèle de femme qui va à l’encontre de l’image traditionnelle de la femme inférieure à l’homme dans la société très machiste mexicaine : traits androgynes (traits masculins ambigus, sourcils très épais, moustache apparente), femme qui subvient à ses besoins , forte.
=> si l’on compare ses dimensions avec celle de Diego dans cette œuvre , on voit bien que celle qui domine c’est elle. Elle prend tout le cadre du tableau .
* Portrait de Diego Rivera au milieu de son front (il est dans toutes ses pensées) mais il est emprisonné dans une toile d’araignée. Elle l’a pris au piège de sa toile (dans les deux sens du terme).
*Le fait qu’on ne voit que le haut de son corps serait un rappel à sa souffrance face à ce corps meurtri, son incapacité à bouger à cause de son accident puis de ses maladies qui en découlaient.
*On ne voit que son visage et ses yeux profonds qui tentent de nous hypnotiser.
*Il est important de noter la forme triangulaire que crée son corps dans le tableau et au sommet de ce triangle se trouve Diego, elle s’impose par sa taille dans le tableau mais celui qui est au sommet de ses pensées se trouve être son mari.

Rapport à la problématique
*Domination de la femme dans la société :
– par sa tenue : société matriarcales de Tehuana
-par cette volonté de trancher de l’image traditionnelle de la femme douce et belle avec ses traits fortement masculinisés.
-par sa revendication de sa culture précolombienne.

Domination dans son couple :
-elle occupe tout le tableau par sa tenue alors que Diego n’est représenté qu’en tout petit au milieu de son front.
-la toile d’araignée dans laquelle elle a emprisonné son mari.

Vocabulaire spécifique
Mexicanisme :mouvement artistique et culturel dont l’objectif est de mettre en avant et de remettre à l’honneur les racines précolomobiennes dont son issus les mexicains.

Surréalisme : selon son créateur André Breton, le surréalisme a pour but de résoudre les contradictions entre le rêve et la réalité. Pour cela, plusieurs moyens sont possibles comme peindre des scènes illogiques ou en développant des techniques de peinture permettant à l’inconscient de se manifester.

VENEZ  DONC  VOIR                     Boris VIAN
Venez donc voir , venez donc voir
Un évènement considérable
Un anarchiste ,bandit notoire qui va se rendre à la police,
Pour subir ses supplices
Si nous payons ces fonctionnaires , c’est bien pour qu’ils fassent leurs devoirs.
Allons enfants , marchons gaiement , soyons vaillants , hardis les gars !
Allons enfants ,marchons gaiement , soyons vaillants !
La France attend !
Travaux et analyses :
  – Biographie , idées , œuvres de Boris VIAN ( 1920-1959 ).
  – Venez donc voir ( vers 1950 ) : sens du texte , contexte social et politique.
  – Texte parlé sur fond musical
     Appel , déclamation , détermination , autorité , . . .
  – Fond musical : un accordéon , instrument populaire et français.
  – Style et genre musical : valse lente , musette , musique populaire et française.
  – Idées : appel pour : approuver , soutenir , défendre , . . . L’Etat et le Pouvoir . . ,
         Patriotisme , . . .
LE  TANGO  DES  JOYEUX  BOUCHERS,        Boris VIAN
C’est le tango des bouchers de la Villette
C’est le tango des tueurs des abattoirs
Venez cueillir la fraise et l’amourette
Et boire du sang avant qu’il soit tout noir. Faut qu’ça saigne !
Faut qu’les gens aient à bouffer
Faut qu’les gros puissent se goinfrer
Faut qu’les p’tits puissent s’engraisser. Faut qu’ça saigne !
Faut qu’les mandataires aux halles
Puissent s’en fourrer plein dalle
Du filet à huit cent balles , Faut qu’ça saigne !
Faut qu’les peaux se fassent tanner
Faut qu’les pieds se fassent paner
Que les têt’s aill’nt mariner. Faut qu’ça saigne !
Faut avaler de la barbaque
Pour êt’ bien gras quand on claque
Et nourrir des vers comaques , Faut qu’ça saigne !
C’est le tango des joyeux militaires
D’Hiroshima, Buchenwald et d’ailleurs
C’est le tango des fameux va t’en guerre
C’est le tango de tous les fossoyeurs. Faut qu’ça saigne !
Appuie sur la baïonnette
Il faut qu’ça rentr’,faut bien qu’ça pète
Sinon t’auras un’gross’têt’. Faut qu’ça saigne !
Démolis en quelques uns
Tant pis si c’est des cousins
Fais leur sortir le raisin ! Faut qu’ça saigne !
Si c’est pas toi qui les crèves
Les autres prendront la relève
Et toujours la vie crève. Faut qu’ça saigne !
Demain ça sera ton jour
Demain ça sera ton tour
Plus de bonheur,plus d’amour. Faut qu’ça saigne.
Travaux et analyses :
  – Biographies , idées , œuvres de Boris VIAN ( 1920 – 1959 ).
  – Le tango des joyeux bouchers ( vers 1950) : sens du texte ,contexte social et politique.
  – Origine et définition du tango.
  – Caractéristiques et symbolismes du tango : Rythme syncopé ,saccadé , percutant, . . .     Dualité , affrontement , opposition , . . . Entre : mélodie/rythme (en musique ), homme/femme , vie/mort , amour/guerre , bien/mal , . . . .hommes/hommes . . .
  – Idées développées dans le texte :
      Constat , critique , condamnation , ironie , provocation , . . . . Sur :
       L’homme , la nature humaine , la cruauté de l’homme , la société de consommation , le pouvoir , l’Etat , la guerre , . . . .
  – Analyse :  la mise en musique de ce texte – pourquoi l’utilisation du tango ?

L’Ami retrouvé (1971) de Fred Uhlman

 

Contexte biographique

 

Fred Uhlman est né en 1901 à Stuttgart. Sa famille, aisée, d’origine juive mais peu pratiquante, est installée depuis deux siècles en Allemagne. Il fréquente une école où il est le seul enfant juif. Devenu jeune avocat, il s’engage au parti social-démocrate, adversaire du Parti nazi. Après la victoire d’Hitler  aux élections législatives de 1932, il évite de peu la déportation en fuyant l’Allemagne. Il s’installe à Paris où il fréquente les milieux artistiques et se met à peindre. En 1936, il rencontre Diana, fille d’un parlementaire anglais. Il l’épouse et s’installe en Angleterre où il essaie de faire venir ses parents qui refusent de quitter l’Allemagne : ils mourront en déportation. Lui-même s’éteint à Londres en 1985.

Contexte historique

 

1921 : Hitler prend la tête du Parti national socialiste allemand des travailleurs (NSDAP)

1925 : Parution de Mein Kampf ; 1 450 000 exemplaires vendus entre 1925 et 1933.

Avril 1932 : Le chancelier Hindenburg est réélu président du Reich. Hitler a obtenu 37% des voix.

Juillet 1932 : Le parti nazi remporte la majorité aux élections législatives.

Janvier 1933 : Hitler devient chancelier.

Février 1933 : Le Reichstag est incendié, les communistes arrêtés, le Parti communiste interdit.

Avril 1933 : Premières mesures antisémites : les Juifs sont exclus de la fonction publique, les entreprises et commerces juifs sont boycottés.

Juillet 1933 : Le national- socialisme est déclaré parti unique. Création de la Gestapo.

En 1932, des événements agitent l’Allemagne. À cette période, la crise économique mondiale touche durement le pays. L’Allemagne est d’autant plus affaiblie économiquement qu’elle doit payer un lourd tribut aux vainqueurs de la Première Guerre mondiale : un fort ressentiment anime le peuple allemand à la suite de la signature du traité de Versailles (28 juin 1919). C’est dans ce contexte que l’antisémitisme et la doctrine nazie font leur apparition et gagnent un électorat croissant lors des élections présidentielles en mars-avril 1932 puis législatives en novembre de la même année.

Le récit commence un an avant l’arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler.

Etude de l’œuvre

 

Problématique : Comment l’Histoire (le nazisme et l’antisémitisme) influe sur l’histoire d’amitié entre deux personnages ?

 

L’histoire se déroule à Stuttgart, en Allemagne, en 1932. Le narrateur se nomme Hans Schwarz. Il est aussi le personnage principal du récit. Il relate un épisode de sa jeunesse qui l’a marqué. À l’époque de l’histoire, il avait seize ans, était scolarisé dans le Wurtemberg,  au lycée Karl Alexander. Le récit est rédigé à la première personne du singulier, ou du pluriel lorsque le narrateur s’inclut dans le groupe des élèves de sa classe.

Cette année-là, arrive un nouvel élève, nommé Conrad von Hohenfels. Pour le narrateur c’est une rencontre inoubliable. Cette rencontre l’a profondément bouleversé. Hans est d’emblée attiré par Conrad et met en œuvre une stratégie pour attirer son attention. Il y parvient après deux vaines tentatives. Naît alors une amitié profonde. Hans a une conception idéaliste de l’amitié : « confiance », « abnégation », et « loyalisme » (chapitres 3 et 4) sont les noms qu’il emploie pour caractériser cette relation.  Celle-ci est donc exigeante et a l’intensité d’une relation amoureuse (effet produit par le vocabulaire amoureux dans les quatre premiers chapitres et les comparaisons du chapitre 5). Elle comble de bonheur Hans et change sa vie (chapitres 5 et 6).

Mais cette amitié  fondée sur la confiance, le dévouement, le sens du sacrifice, une fidélité sans faille, entre un juif et un aristocrate chrétien est-elle possible dans l’Allemagne des années 1930 ?

De nombreux facteurs peuvent entraver l’amitié de Hans et Conrad :

-les différences familiales, sociales : Alors que Hans vient d’une famille d’origine juive, appartenant à la petite bourgeoisie, Conrad Graf von Hohenfels est issu d’une famille de très grande noblesse qui a contribué à écrire l’histoire d’Allemagne depuis plusieurs siècles (tout le chapitre 2 insiste sur cette gloire qui rend Conrad différent des autres élèves).

-des conceptions religieuses et culturelles opposées : Au début du chapitre 7, Hans dit croire en un Dieu bon et juste. Ses parents (son père est agnostique et sa mère pratique à la fois les rites juifs et les rites catholiques)  lui laissent  la liberté de choisir sa croyance. À l’inverse, Conrad est élevé dans la tradition protestante.  Mais un événement tragique  bouleverse Hans et le pousse à s’interroger  sur Dieu : Trois enfants périssent dans un incendie (drame qui peut annoncer et symboliser les fours crématoires où périront des milliers d’enfants innocents). L’incendie de la maison Bauer apparaît comme une injustice : le spectacle de ses voisins qu’il observait depuis sa fenêtre respirait l’harmonie et la candeur. Que le feu détruise ces enfants révolte Hans : il ne peut accepter l’absurdité de ces morts et les explications qu’il obtient du pasteur ne le convainquent pas. Cet événement l’oriente vers l’athéisme : Dieu ne peut exister, sinon il ne permettrait pas de telles horreurs. Conrad ne montre pas la même indépendance d’esprit que Hans.  Malgré qu’il avoue son désarroi face à la mort accidentelle des enfants, il est réticent à remettre en cause l’existence de Dieu, ne parvient pas à mettre en question le cadre religieux transmis par sa famille, à s’en affranchir.

Hans et Conrad sont parvenus à dépasser leurs différences sociales et culturelles. Qu’est-ce qui compromet alors leur relation ?

Ce sont les préjugés racistes et religieux qui viennent à bout de leurs liens.

Dés le début de son amitié avec Conrad, Hans pressent une possible rupture à cause de son identité juive : Au chapitre 13,  dans la maison de Conrad, Hans découvre un portrait, celui d’Adolf Hitler, mais il ne peut croire que c’est bien lui.  Il est dans une forme de déni, il est pour lui inimaginable que la famille de son ami ait un quelconque lien avec une telle personne. Lors de ces visites chez Conrad, il remarque pourtant qu’il ne rencontre jamais les parents de Conrad. Il hésite entre plusieurs interprétations. C’est l’attitude de Conrad à l’opéra qui confirme ses soupçons : Conrad ignore son ami pendant la représentation et pendant l’entracte. Conrad révèle à son ami que sa mère est antisémite et qu’elle est la cause de son mépris à l’opéra. Ce terrible aveu produit un effet irréversible sur l’amitié des deux adolescents. C’est  la fin de l’amitié des jeunes garçons.  Continuer à entretenir la même relation s’avère en effet difficile après un tel aveu. Les propos insultants de la mère de Conrad, cette idéologie raciste ont blessé Hans qui pourrait faire des reproches à son ami, mais lui-même n’en est pas responsable.

Des signes annonciateurs de l’antisémitisme apparaissent au chapitre 16 : Hans subit des vexations et des menaces. Proférés par le professeur Herr Pompetzki d’abord, puis répercutés par ses condisciples, les propos sur la supériorité des Aryens se transforment en une stigmatisation des juifs que l’on accuse des maux de l’Allemagne : on le met à l’écart, on ne lui parle plus, on se moque de lui, on l’humilie, on l’incite à quitter sa patrie pour la Palestine. On retrouve donc la progression de l’antisémitisme : stigmatisation, désignation des juifs comme boucs émissaires, ségrégation, désir d’exclure les juifs. Certains aspects de la doctrine nazie à savoir les notions de supériorité de la race aryenne et d’assujettissement des sous-races (dont la « race » juive) sont donc illustrés ici.

Conrad n’intervient pas pour aider son ami dans une bagarre et victime de brimades antisémites. Hans, déçu et blessé, éprouve une profonde solitude. Il prend la décision de mettre fin concrètement à son amitié avec Conrad en l’évitant. Au chapitre 17, Conrad envoie une lettre d’au-revoir pleine d’affection à son ami : ce dernier, à la demande de son père voulant le préserver de la montée de l’antisémitisme, doit partir à l’étranger.  Dans sa lettre Conrad explique qu’il a été séduit par Hitler, qu’il fait confiance à cet homme,  qu’il le soutient, qu’il a une vision positive de l’avenir de son pays.  Conrad semble avoir intégré les principes du nazisme. Il ne comprend pas jusqu’où ira le racisme nazi. Hans quitte ses racines, son pays, ses parents (qui se suicident après son départ).

Trente ans plus tard, le narrateur n’est pas heureux malgré sa réussite matérielle, professionnelle et personnelle.  Cela s’explique probablement  par son histoire douloureuse : rupture d’une amitié profonde et fusionnelle, brimades et injures racistes, arrachement à son pays et à sa famille.

Quelle est la signification, la portée de ce récit ?

Les chapitres 18 et 19 sont une sorte d’épilogue (chapitre exposant des faits postérieurs à l’action et destiné à en compléter le sens, la portée, selon Le Petit Robert). C’est ici le cas car une ellipse de trente ans sépare les actions rapportées jusque-là des événements racontés dans les deux derniers chapitres. Mais ceux-ci ne font pas que compléter le sens de l’histoire d’amitié de ces deux adolescents : ils lui donnent réellement son sens et clôturent l’histoire.

« VON HOHENFELS, Conrad, impliqué dans le complot contre Hitler. Exécuté. »La dernière phrase du livre « Exécuté » est écrite en italique. Elle est formée  du seul participe pour ressortir par rapport aux autres.  Elle signifie que Conrad n’est pas mort au combat mais qu’il a participé à l’attentat échoué contre Hitler : un certain nombre de généraux, comprenant trop tard que Hitler menait l’Allemagne à sa perte, fomentèrent un complot pour éliminer le Führer. La bombe éclata le 20 juillet 1944 mais Hitler ne fut que légèrement blessé. Sa vengeance fut terrible : plus de cinq mille personnes furent exécutées.

Conrad a donc finalement compris son erreur et défendu la cause de son ami Hans et de toutes les victimes du nazisme en général, contre l’avis de ses parents. Les dernières phrases du récit donnent toute leur dimension à l’amitié des adolescents : Conrad, en sacrifiant sa vie pour lutter contre Hitler, a d’une certaine manière mis en œuvre l’idéal d’amitié de Hans.  Surtout cette fin du livre en  explique le titre, L’Ami retrouvé   (titre original anglais : Reunion) : Les deux amis sont à nouveau unis symboliquement (« nouvelle union »), Hans a d’une certaine façon retrouvé son ami.

L’Ami retrouvé de Fred Uhlman, collection Classicocollège, éditions Belin Gallimard + dossier pédagogique par Claire de La Rochefoucauld

Marie-France NARALINGOM.

MATIN BRUN de Frank Pavloff

L’auteur
Frank Pavloff est un écrivain français né en 1940. Spécialiste en psychologie et en droit des enfants il s’est engagé dans de nombreuses associations et a participé à de nombreuses missions humanitaires à l’étranger. Il partage son temps entre la justice et l’écriture et il s’est surtout fait connaître grâce à sa nouvelle Matin Brun qui a rencontré un succès rapide et international.

L’œuvre et son contexte
Frank Pavloff décide d’écrire Matin Brun sur un coup de colère, lorsqu’en 1998, lors des élections régionales, la Droite s’allie au Front National pour remporter la présidence de certaines régions de France. Quatre ans plus tard, en 2002, lors des élections présidentielles, Jean-Marie Le Pen, qui représente le Front National, accède au second tour. Matin Brun connaît alors une seconde vie : il devient un véritable best-seller car il incarne la lutte contre le racisme et l’intolérance souvent incarnés par le Front National. Matin Brun raconte en effet la mise en place d’un « état brun » et de « lois brunes », où tout ce qui n’est pas « brun » est banni.
La nouvelle a été traduite dans près de 25 langues, elle s’est vendue à plus d’un million d’exemplaires à travers le monde.
Comment Frank Pavloff, à travers cette nouvelle, dénonce-t-il alors les affres et les dangers des pouvoirs en présence dans les années 1998-2002 ?

La structure de l’œuvre
Matin Brun est une nouvelle, c’est donc un texte très court (11 pages). L’auteur ne perd pas de temps à présenter les personnages (le narrateur et son ami Charlie), le lieu ou l’époque du récit. L’incipit de la nouvelle est donc un incipit « in media res », on rentre directement au cœur de l’action, le lecteur est directement projeté dans « l’état brun » et découvre dès la première page sa première loi : les chiens et les chats qui ne sont pas bruns doivent être piqués ou empoisonnés.
La nouvelle est organisée en une succession de paragraphes qui commencent presque tous par un indicateur temporel (« quelques temps après », « hier », « ce matin » etc) et qui racontent la mise en place des nouvelles « lois brunes » :
− l’interdiction du quotidien de la ville qui contredit les recherches et les lois de l’état,
− l’interdiction des livres qui contiennent les mots « bruns» et « brune »,
− l’arrestation des personnes et des membres de leur famille qui auraient possédé un animal brun même avant la promulgation de la loi.
La nouvelle a une structure elliptique car les événements qui pourraient se dérouler entre chaque paragraphe sont passés sous silence. De plus, on remarque également, qu’au fur et à mesure que l’on avance dans la nouvelle, le laps de temps qui s’écoule entre chaque paragraphe est de plus en plus court, de même concernant la taille des paragraphes et des phrases qu’ils contiennent. Le rythme de la nouvelle est donc de plus en plus rapide et cela participe à la création de la tension dramatique, celle-ci atteint son apogée à la fin de la nouvelle qui se termine dans le suspens : le narrateur, qui entend frapper à sa porte, va-t-il se faire arrêter lui aussi, comme son ami Charlie?
Les personnages
Toujours dans l’optique d’une économie de moyens propre à la nouvelle, celle-ci ne met en scène que deux personnages : le narrateur et son ami Charlie. Tous deux sont des personnages ordinaires, qui mène une vie ordinaire et ont des activités ordinaires : discuter autour d’un café de sujets peu importants, jouer au tiercé, lire la rubrique sports du journal, jouer à la belote en buvant des bières etc, bref, ils s’apparentent davantage à des anti-héros. Mais cette banalité des personnages est voulue, car combinée à l’absence de description physique, elle permet au lecteur de s’identifier à eux, l’auteur aura donc plus de facilité à lui transmettre son message…
Face à la mise en place des « lois brunes », l’attitude et les sentiments des personnages évoluent tout au long de la nouvelle. Le narrateur et son ami Charlie sont tout d’abord dans une posture d’acceptation teintée d’insouciance : ils ne s’opposent pas à cet « état brun » simplement parce qu’ils ne veulent pas d’ennuis et qu’ils choisissent la solution de facilité : accepter pour être tranquilles (« Comme si de faire tout simplement ce qui allait dans le bon sens dans la cité nous rassurait et nous simplifiait la vie. La sécurité brune, ça pouvait avoir du bon. ») Mais à mesure que les « lois brunes » deviennent de plus en plus contraignantes et injustes, le doute s’immisce dans leur esprit. Il faudra qu’il se retrouve directement impliqué dans le « système brun », lorsque que Charlie se fera arrêté pour avoir possédé, avant, un labrador noir, pour que le narrateur, qui lui a possédé un chat blanc, prenne enfin conscience de la dangerosité de ce système et regrette de ne pas s’être révolté, laissant alors la peur prendre le pas sur l’insouciance (« J’aurais dû me méfier des Bruns dès qu’ils ont imposé leur première loi sur les animaux. ») On commence alors à saisir l’une des facettes du message que l’auteur adresse à ses lecteurs : méfiez-vous d’un état qui cherche à vous imposer des lois injustes et intolérantes, elles finiront par vous concerner, révoltez-vous, n’acceptez pas, ne choisissez pas la solution de facilité.

Derrière « l’état brun »
On en vient alors à déduire que « l’état brun » symbolise et incarne le spectre d’une idéologie nationaliste et fasciste qui planait au dessus de la France au moment de l’écriture de la nouvelle et qui la hante sans doute encore …
A travers les « lois brunes », qui instaurent la couleur « brune » comme seule couleur autorisée, comme seule couleur de référence, Frank Pavloff dénonce le racisme, l’intolérance envers tous ceux qui ne sont pas « de la même couleur ». L’auteur s’oppose ainsi dans sa nouvelle à certains extrémismes politiques.
En décrivant un système intolérant, où l’on interdit les outils d’expression du contre-pouvoir (le journal qui dénonce la suppression des chiens, les livres), où l’on nous interdit de penser ou d’agir en dehors d’un cadre établi, et où l’on risque la prison pour ne pas avoir respecté des lois injustes et stupides, l’auteur nous avertit sur les dangers d’un système totalitaire et dictatorial et il nous exhorte à l’action et à l’engagement.

       Histoire des Arts : les femmes dans les arts (niveau 3ème)

 

Frida Kahlo, Mes grands-parents, mes parents et moi, Arbre généalogique

(peinture à l’huile et à la tempera* sur métal (30,7 x 34,5 cm), 1936. Museum of Modern Art, New-York)

* A tempera : se dit d’une couleur délayée dans de l’eau additionnée d’un agglutinant (gomme, colle, œuf) – ce procédé.

objectif : voir comment, en peinture, un autoportrait peut être « romancé » à la façon récit d’enfance.

Sans titre

Toute sa vie, Frida Khalo ne cessa de faire son autoportrait, chacun de ces autoportraits constituant une trace des étapes de sa vie. « Je peins des autoportraits parce que  je me sens si souvent seule et parce que je suis la personne que je connais le mieux. » disait-elle. Elle construisit ainsi, de tableau en tableau, une  œuvre  qui s’apparente à la démarche autobiographique.

Voir le site http://www.museofridakalho.org.mx/casaazulfrances.html

Un autoportrait original

A. a. Le tableau étudié (dans le cadre d’une Séquence intitulée « Récits d’enfance et d’adolescence : le cercle de famille ») est un tableau « autobiographique » original, car Frida Kalho, à la différence de beaucoup d’autres autoportraits qu’elle a peints, ne s’est pas représentée seule ; comme le titre l’indique : Mes grands-parents, mes parents et moi, l’artiste s’est représentée enfant sur le tableau, ainsi que ses parents et ses grands-parents – à la façon d’un arbre généalogique. Un ruban rouge les relie tous, formant un nœud que Frida-fillette tient dans sa main droite et qui symbolise son attachement à sa famille.

b. Frida Kahlo s’est placée au premier plan et au centre de la toile (la petite fille), puis au second plan elle a placé ses parents et enfin ses grands-parents à l’arrière-plan. Elle a pris soin de séparer et de différencier ses grands-parents paternels (allemands) et ses grands-parents maternels (mexicains). Elle est, sur le tableau, nettement plus proche de son père, car les relations de Frida avec sa mère ont toujours été distantes et froides.

B. La branche mexicaine est placée du côté d’un paysage mexicain (cactus, désert) ; la branche allemande est du côté de l’océan qui évoque, au loin, le continent européen. La famille symbolise l’union du nouveau monde et de l’ancien.

Un récit d’enfance en image

 

C. a. Les différents épisodes de la vie de famille représentés sont : d’abord le mariage des parents de Frida Kahlo, puis la rencontre d’un spermatozoïde et d’un ovule (en terre mexicaine)  et la grossesse de la mère de Frida, enfin la vie heureuse dans la maison de famille.

b. Ces événements, représentés spatialement « à plat » sur un même tableau, correspondent chronologi-quement à des étapes successives de la vie de l’artiste et de sa famille.

D. On voit Frida Kahlo à  3 moments de sa vie : tout d’abord Frida au moment où le spermatozoïde a fécondé l’ovule (en bas à gauche), puis à l’état de fœtus  dans le ventre de sa mère, et enfin Frida enfant, nue. Un arbre, couvert de fruits – un oranger ? –, cache en partie sa jambe gauche. Pourquoi la gauche ? Peut-être est-ce un « portrait en miroir » et dans ce cas, le réel est inversé et la jambe droite devient la jambe gauche ; l’oranger cache donc les ravages de la poliomyélite qui a frappé Frida alors âgée de 6 ans, puisque c’est sa jambe droite qui fut réellement  atteinte. [On sait que Frida Kahlo a peint ses autoportraits alors qu’elle était immobilisée dans son lit, corsetée à la suite d’un grave accident, avec au-dessus du lit le grand miroir qu’elle avait fait installer.]

E. La maison natale occupe la place centrale, au 1er plan. La maison n’est pas jolie, mais sa couleur bleue, ses murs protecteurs, la gaieté de sa végétation (fleurs et fruits) rappellent les moments heureux vécus en ce lieu. Cette  maison est, à l’évidence, le symbole d’une enfance heureuse. C’est dans cette maison, la « Maison Bleue », que Frida Kahlo achèvera prématurément sa vie, en 1954, à l’âge de 47 ans.

Socle commun : 1.1.4 : Dégager l’essentiel

 

Avec cet autoportrait, Frida Kahlo s’inscrit dans  l’histoire de sa famille et en même temps elle se raconte : elle éclaire son passé, les années de son enfance, qui, à leur tour, éclairent son présent. Tout comme la vie de l’auteur d’une autobiographie littéraire est au centre de son livre, la vie de Frida Kahlo est au centre de sa peinture.

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Sources: Wikipedia

3ème, L’ESTACA, Lluís Llach

Publié: février 2, 2013 dans 3ème, Arts et pouvoir

L’ESTACA

Cette chanson a été écrite par Lluís Llach en 1968. Il faut savoir que cette chanson se veut une chanson de résistance contre les persécutionsmondialistes. En effet, le catalan est une des langues dérivées du latin, ou romanique. Il est né au VIII ème siècle. Le catalan est une langue qui a été pourchassée de nombreuses fois par le nationalisme espagnol. La première persécution a débuté par Felip V et a continué avec tous les Bourbons espagnols, jusqu’à Alfons XII. Il est à nouveau pourchassé par les généraux Primo de Rivera et Francisco Franco. Aujourd’hui, le catalan est la langue officielle de la Principauté de Catalogne.

À cause de ces persécutions, la musique catalane contemporaine a été très revendicative ; sous le franquisme, la « Nova Cançó » (Nouvelle Chanson) a utilisé l’exemple de la chanson d’auteur français (tels que Jacques Brel, Boris Vian, etc) pour revendiquer la culture catalane, sa langue et son identité nationale. Les auteurs les plus connus de cette chanson sont Raimon, Joan Manuel Serrat, Maria del Mar Bonet et Lluís Llach (auteur de la chanson « La Estaca » (« L’Estaque »)).

L’estaca, chanson du poète catalan Lluís Llach, fut à l’antifranquisme ce que « le temps des cerises » est à la commune de Paris. L’estaca, au refrain si facile à fredonner est le chant qui accompagne l’équipe de rugby de l’Usap, depuis la campagne de 1998 qui l’amena jusqu’au Stade de France. En catalan, le pieu se dit « l’estaca ». En provençal, l’estaco signifie l’attache. Or l’Estaque à Marseille est un port d’attache ! D’où son nom.

Composée durant la dictature du général Franco en Espagne, c’est un cri à l’unité d’action pour se libérer de l’oppression, pour atteindre la liberté. D’abord symbole de la lutte contre l’oppression franquiste en Catalogne, elle est devenue un symbole de la lutte pour la liberté.

Extrêmement populaire en Catalogne aujourd’hui, au point d’être considérée comme partie du folklore populaire, elle a aussi connu un destin international. Elle a eu plusieurs interprétations différentes et a été traduite en plus de cinquante langues

Le Sens

Les paroles évoquent, en prenant la métaphore d’une corde attachée à un pieu (estacaen catalan), le combat des hommes pour la liberté.

La scène se passe à l’aube, tandis que le narrateur de la chanson se remémore les paroles d’une conversation entre grand-père Siset (avi Siset) et lui. Il demande au grand-père Siset : « Ne voyez-vous pas le pieu auquel nous sommes tous liés ? Si nous ne pouvons pas nous en défaire, nous ne pourrons jamais avancer » (No veus l’estaca a on estem tots lligats? Si no podem desfer-la mai no podrem caminar). D’après Siset, seule une action commune peut apporter la liberté : « Si nous tirons tous, il va tomber, si je tire fort vers ici, et que tu tires fort par là, il est certain qu’il tombe, tombe, tombe, et nous pourrons nous libérer » (Si estirem tots, ella caurà, si jo estiro fort per aquí i tu l’estires fort per allà, segur que tomba, tomba, tomba, i ens podrem alliberar).

L’interlocuteur de grand-père Siset insiste sur la difficulté du combat pour la liberté, qui ne demande pas de répit et des efforts : « Mais, Siset, ça fait longtemps déjà, mes mains à vif sont écorchées, et alors que mes forces me quittent, il est plus large et plus haut » (Però, Siset, fa molt temps ja, les mans se’m van escorxant, i quan la força se me’n va ella és més ampla i més gran).

L’idée d’une nécessaire prise de conscience collective pour obtenir la liberté clôt la chanson. Dans la dernière strophe, une fois grand-père Siset mort, son interlocuteur devient responsable de la diffusion des idées de liberté et de lutte auprès des nouvelles générations : « Et quand passent d’autres valets, je lève la tête pour chanter le dernier chant de Siset, le dernier qu’il m’ait appris » (I mentre passen els nous vailets, estiro el coll per cantar el darrer cant d’en Siset, el darrer que em va ensenyar).

Avi Siset

Le grand-père Siset, personnage principal de la chanson, est inspiré d’un personnage réel, Narcís Llansa i Tubau, surnommé avi Llansa(« papi Llansa »), vell Llansa (« le vieux Llansa ») ou Siset Llansa. Originaire de Tortellà, dans le nord de la province de Gérone, il étaitbarbier à Besalú.

Ne cachant pas ses opinions, il était connu pour être , républicain et anticlérical, et faire de sa boutique un lieu de débat politique. Lorsque la république fut proclamée en 1931, il fut élu conseiller municipal sous l’étiquette d’ERC, la gauche républicaine catalane. Suite à la guerre civile, il fut soumis à diverses humiliations : forcé à nettoyer les églises et à assister aux messes. Il n’échappa finalement à ses obligations qu’en prétextant que le dimanche était le jour où il était le plus chargé de travail comme barbier4.

À partir du début des années 1960, il passa ses étés dans la maison de sa deuxième fille, à Verges. C’est là que le jeune Lluís Llach, fils du médecin et maire — franquiste — du village, et ami de son petit-fils Ponç Feliu, l’aurait connu, en jouant au jeu de la botifarra, une variante catalane de la manille. Le vieil homme et l’adolescent passent du temps ensemble, en particulier à pêcher. C’est lors de ces parties de pêche près du Ter que le grand-père Siset ouvre les yeux de Lluís Llach sur les fondements et la réalité du régime franquiste.

En 1968, Lluís Llach écrivit les paroles de la chanson, s’inspirant des conversations qu’il avait eues avec Siset1. Il dit par ailleurs de lui : « Siset me parlait toujours le regard droit les yeux lumineux d’un homme bon »

L’Estaca et Lluis Llach

« L’estaca » devient rapidement l’hymne de toutes les revendications catalanes. En 1969, Lluis Llach grave son premier vrai album, « Les seves primeres cançons », qui se vend à plus de 100 000 exemplaires. L’année suivante il se produit à Madrid pour une série de concerts prestigieux au Théâtre Espagnol. Et là, les ennuis commencent. Sa popularité naissante attire sur lui les foudres du pouvoir. « Tous les textes interprétés en public devaient être préalablement soumis à la censure, raconte Louis Monich de Radio-France Roussillon, qui assistait au spectacle. Cette fois-là,  »L’estaca » a été interdite et Lluis Llach, au garde-à-vous devant le micro, l’a expliqué au public pendant que son pianiste jouait le refrain. Trois mille personnes ont alors entonné  »L’estaca » alors que Llach restait muet pour se conformer à l’interdiction. Taxé de « subversif », Lluis Llach est obligé de s’exiler et il s’installe à Paris. Depuis la capitale française, le chanteur catalan commence une carrière internationale (France, Suisse, Allemagne). En 1973, il est programmé en tête d’affiche à l’Olympia; en 1975, son album « Viatge a Itaca » atteint les 150 000 exemplaires. La même année, la mort du vieux dictateur fait souffler un vent nouveau sur la société espagnole. Dès 1976, Lluis Llach entame une tournée triomphale en Espagne. Un disque, « Barcelona, gener de 76 », sera issu de ces moments historiques.

Le décès de Franco et l’avènement de la démocratie en Espagne donnent une autre dimension à l’univers de Lluis Llach. Désormais, les chansons d’amour et les textes plus poétiques prennent de l’importance. Mais il n’en oublie pas la politique pour autant, puisqu’en 1986 il intente un procès à Felipe Gonzalès pour violation de promesses électorales. Aux distinctions prestigieuses (dont un prix de l’Académie Française) s’ajoutent des signes de reconnaissance saugrenus. C’est ainsi que la célèbre chanson  »L’estaca » est adoptée comme hymne par l’Usap, la fameuse équipe de rugby catalane à la recherche d’un chant possédant plus de caractère que le folklorique « Volem pà amb oli » (« Nous voulons du pain et de l’huile »). « Ce n’est pas parce que nous sommes Catalans et que nous chantons  »L’estaca » que nous sommes les plus forts, indique Alain Texidor, l’entraîneur de l’équipe, mais c’est parce que les Catalans veulent être les plus forts qu’ils chantent  »L’estaca ». « C’est à des signes semblables que l’on peut dire qu’un chanteur catalan engagé peut aussi devenir une institution, sans rien renier de ses opinions. Car Lluis Llach n’est pas un homme de concession, et c’est cette intégrité qui lui a donné la place incontestable qu’il occupe aujourd’hui.

L’estaca (Le Pieu (1))

L’avi Siset em parlava

Grand-père Siset me parlait ainsi

De bon mati al portal

De bon matin sous le porche

Mentre el sol esperavem

Tandis qu’en attendant le soleil

I els carros veiem passar

Nous regardions passer les charettes

Siset, que no veus l’estaca

Siset, ne vois-tu pas le pieu

On estem tots lligats ?

Où nous sommes tous attachés ?

Si no podem desfer-nos-en

Si nous ne pouvons nous en défaire

Mai no podrem caminar !

Jamais nous ne pourrons nous échapper !

[Refrain]

Si estirem tots, ella caurà

Si nous tirons tous, il tombera

I molt de temps no pot durar

Cela ne peut durer plus longtemps

Segur que tomba, tomba, tomba

C’est sûr il tombera, tombera, tombera

Ben corcada deu ser ja.

Bien vermoulu il doît être déjà.

Si tu l’estires fort per acqui

Si tu le tires fort par ici

I jo l’estiro fort per alla

Et que je le tire fort par là

Segur que tomba, tomba, tomba,

C’est sûr, il tombera, tombera, tombera,

I ens podrem alliberar.

Et nous pourrons nous libérer.

Pero Siset fa molt temps ja

Mais Siset, ça fait déjà bien longtemps

Les mans se’m van escorxant !

Mes mains à vif sont écorchées !

I quan la força se me’n va

Et alors que les forces me quittent

Ella és més ample i més gran.

Il est plus large et plus haut.

Ben cert sé que està podrida,

Bien sûr, je sais qu’il est pourri,

Pero és que, Siset, costa tant !

Mais, aussi, Siset, il est si lourd !

Que a cops la força m’oblida

Que parfois les forcent me manquent

Tornem a dir el teu cant :

Reprenons donc ton chant :

[Refrain]

L’avi Siset ja no diu res

Grand-père Siset ne dit plus rien

Mal vent que se’l va emportar

Un mauvais vent l’a emporté

Ell qui sap cap a quin indret

Lui seul sait vers quel lieu

I jo a sota el portal

Et moi, je reste sous le porche

I quan passem els nous vailets

Et quand passent d’autres gens

Estiro el col per cantar

Je lève la tête pour chanter

El darrer cant d’en Siset,

Le dernier chant de Siset,

Lo darrer que em va ensenyar

Le dernier qu’il m’a appris :

[Refrain] (x2)

Sites

http://www.lluisllach.fr/chanson-lluis-llach-l-estaca.php

http://chorale-lamalvent-85.e-monsite.com/blog/l-estaca.html

http://www.espritsnomades.com/sitemusiquedumonde/llach/llachlluis.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/L’Estaca

http://www.youtube.com/watch?v=o4g_Og3EiUM

http://www.youtube.com/watch?v=vNSKik-Tuv0

http://www.dailymotion.com/video/x82gwp_l-estaca_music 

Kees van Dongen (1877-1968), « Autoportrait en bleu » (1895)   Huile sur toile – 92 x 60 cm – Musée National d’Art Moderne, Paris

       Un « fauve » en cage

Kees van Dongen, de son vrai nom Cornelis Théodorus Marie van Dongen est un peintre né-erlandais, né le 26 janvier 1877 dans la banlieue de Rotterdam (Pays-Bas) et mort, à l’âge de 91 ans, le 28 mai 1968, à Monaco.

Quand un jeune peintre…

En 1892, à l’âge de 16 ans, Kees van Dongen débute des études de peinture à l’Académie royale des Beaux-Arts de Rotterdam.

De 1892 à 1897, il fréquente le Quartier Rouge, quartier portuaire mal famé de Rotterdam. Durant cette période, van Dongen peint des scènes de matelots et de prostituées. C’est « dans l’obscurité des quartiers mal famés de Rotterdam que van Dongen va d’abord puiser son inspiration : dans ces bordels où se mêlent prostituées colorées qui contrastent avec des clients de noir vêtu. Décors tout à la fois amusants avec leurs allures et postures de l’époque, mais aussi émouvants et tristes avec ces visages toujours cachés où l’on distingue à peine leur gêne amusée… » (http://www.journalinteret.com /culture/van-dongen-un-fauve-a-montreal/  article d’Emmanuel Darmon – 12 mars 2009).

C’est dans ce quartier qu’il peint en 1895 son « Autoportrait en bleu » : il a 18 ans…

Dans  la  mouvance anarchiste de l’époque,  en 1895 toujours, van Dongen  illustre l’édition hollandaise de L’Anarchie de Pierre Kropotkine. En cette fin du XIXème siècle, les anarchistes prônent la « propagande par le fait », stratégie d’action politique qui proclame le « fait insurrectionnel » « moyen de propagande le plus efficace » et vise à sortir du « terrain légal » pour passer à une « période d’action », de « révolte permanente », la « seule voie menant à la révolution » . Les actions de « propagande par le fait » utilisent des moyens très divers dans l’espoir de provoquer une prise de conscience populaire. Elles englobent les actes de terrorisme, les expéditions punitives, le sabotage, voire certains actes de guérilla.

En 1897, van Dongen se rend à Paris où il séjourne plusieurs mois ; il s’y installe en 1901. A Paris, il rencontre l’écrivain Félix Fénéon, qui lui-même fréquente le milieu anarchiste.

En 1904, Kees van Dongen expose au salon des Indépendants et rencontre Maurice de Vlaminck et Henri Matisse. Puis c’est l’exposition très controversée du Salon d’Automne de 1905, où, entre autres, exposait également Matisse. Les couleurs vives, éclatantes, de leurs œuvres sont à l’origine du nom de ce groupe de peintre : les Fauves. Ils entrent dans la postérité sous la plume du critique d’art Louis Vauxcelles qui, remarquant un buste d’angelot d’inspiration classique (du sculpteur Marque) perdu au milieu de « l’orgie des tons purs », évoque « Donatello au milieu des fauves »… Le mot est lâché : les Fauves. Les Fauves sont lâchés ; mais le public ne comprend pas l’agressivité et la violence des tons qu’ils emploient et n’y voit que « scandale, fumisterie, démence, ignorance ». Pourtant les Fauves feront théorie et le fauvisme deviendra une référence en peinture

… fait son autoportrait,

… comment se voit-il ?

C’est le bleu qui domine ici, sous diverses variantes : tons nuancés de pastel sur le pourtour et tons nettement plus foncés au centre.

On voit, au 1er plan, un personnage  sombre, grand  et massif. Il occupe l’espace principal du tableau. Sa silhouette se détache sur la fenêtre beige à barreaux de l’arrière-plan.

L’unique source de lumière dans ce tableau se trouve derrière l’artiste et provient de cette fenêtre à travers laquelle se dessine un mât de bateau – on est à Rotterdam, ne l’oublions pas – ; à moins qu’au-delà des barreaux, ce ne soit  un fusil, avec son ombre portée sur le mur – on peut alors se demander : pourquoi ce fusil ?

La lumière vient donc de la fenêtre. On  distingue mal l’artiste car il est placé à  contre-jour. En fait, on ne voit rien ou si peu de van Dongen : qui le reconnaîtrait ? Il faut observer attentivement la tête pour voir une esquisse de visage : des yeux, un nez, une moustache ou une bouche ; l’artiste est donc vu de face… Sa silhouette, d’un bleu outre-mer qui s’éclaircit sur ses contours,  n’est elle-même que peu distincte mais pourtant bien robuste –  trop robuste pour un jeune-homme de dix-huit ans. « Une subtile représentation de l’artiste qui se veut aventurier et qui ne se laisse dominer que par la lumière : ses idées, sa violence d’esprit ! Ce sont ses idéaux anarchistes qui vont déchaîner un peu plus tard les couleurs de van Dongen. Il faut tout renverser pour s’épanouir. » écrit Emmanuel Darmon (voir supra). Et on sait que Kees van Dongen, dans sa jeunesse, a assidument fréquenté les milieux anarchistes.

Le peintre se tient  donc debout, mains  sur les hanches ou dans les poches, la tête  légèrement  penchée sur le côté. Cette attitude suggère de la décontraction. Le peintre, chez lui, dos à la fenêtre, s’accorde-t-il un temps de repos ?

A moins qu’il ne faille y voir de la  provocation… Ce qui change tout.

L’attitude provocante que le jeune homme adopte dans cet « autoportrait », les barreaux à la fenêtre et, au-delà, le fusil… : tout cela pourrait correspondre à un (court) séjour en prison. En 1895, van Dongen est anarchiste, il est à la recherche d’expériences nouvelles, il fréquente le quartier mal famé du port de Rotterdam, ses bars louches où il côtoie prostituées et matelots méchamment ivres… Nul doute que son nom est dans les fichiers de la police néerlandaise.

De quelqu’un qui est en prison, ne dit-on pas qu’il est « à l’ombre » ? Et le bleu n’est-il pas la couleur de l’ombre ?

Pourquoi van Dongen semble-t-il avoir travaillé la couleur plus que le dessin ? (ainsi : mât ou fusil ? on ne sait pas…)

C‘est peut-être Henri Matisse qui nous donne la réponse : « La couleur surtout et peut-être plus encore que le dessin est une libération. » in Écrits et propos sur l’Art (à propos du fauvisme).

Travailler la couleur, ce serait donc une  manière de se libérer pour le peintre – et, pour van Dongen, de s’afficher et de s’affirmer, à 18 ans, comme un précurseur du fauvisme !

Visages des XXème et XXIème siècles : portraits et autoportraits (L’expression de soi)

L’ « Autoportrait en bleu » de Kees van Dongen était l’un des supports de la 2ème  partie de cette séquence.

Dans cette « 2ème partie : se regarder, se voir : l’autoportrait », nous avons  étudié

1)    l’incipit de L’âge d’homme (récit autobiographique) dans lequel Michel Leiris, qui se connaît par cœur et se trouve « d’une laideur humiliante », se décrit physiquement jusqu’au bout des doigts, avec un souci de la précision quasi-maniaque ;

2)    l’excipit du Journal d’Anne Frank (sa dernière lettre connue) qui, avec une lucidité rare à 15 ans, observe tout à tour les deux Anne qui l’habitent : l’Anne insouciante et joyeuse / l’Anne profonde et silencieuse ; elle dit avec sincérité et émotion combien elle souffre parce que « [son] âme est pour ainsi dire divisée en deux » ;

3)    l’ « Autoportrait en bleu » de Kees van Dongen qui, à 18 ans, a déjà trouvé sa voie et rugit tel un fauve.

Claude Ledent

Télécharger le document PDF ici: Singing in the rain

Sylvain Ciavaldini

Problématique et analyse

Comment la représentation de l’animal est-elle utilisée dans les arts ?

C’est une oeuvre contemporaine qui joue l’effet de surprise avec peu d’élément Une phrase d’un refrain de chanson extrêmement connue et le dessin d’un poisson. L’artiste nous  projète dans un univers surréaliste, établissant une communication entre deux monde.

Le poisson est utilisé comme symbole dans plusieurs civilisations, il parle dans les fables de La Fontaine, Schubert en a fait un lied ( la truite ), il est source d’inspiration dans tous les domaines.

Date de création et contexte historique

cette oeuvre fait partie d’une série « les poissons »

2008

technique: dessin crayon et encre

format

30X20 cm

Auteur

Sylvain Ciavaldini né en 1970 à Marseille

vit et travaille à Marseille

Interprétation de l’œuvre

la composition se réduit à un poisson et une bulle de bande dessinée qui fait office de bulle d’air de couleur violette dans l’espace d’une feuille de papier.

L’artiste nous plonge dans un univers surréaliste entretenu par la réunion inattendue d’un poisson et d’un texte.

Le poisson est un animal qui vit dans le monde marin, il ne peut donc ni chanter, ni sentir la pluie.

Associer le poisson à cette célèbre chanson de la comédie musicale américaine laisse imaginer, comme dans le refrain que le contact de l’eau provoque « a glorious feeling «  (une sensation magnifique)

Par ailleurs le petit format de l’oeuvre 30X20cm laisse supposer également que ce petit poisson vit dans un aquarium domestique.

Son déplacement dans le globe de verre peut donc évoquer une danse comme l’ interprète Gene Kelly de «I singin’in the rain» (je chante sous la pluie) tournant autour d’un réverbère.

L’aspect aquatique du dessin est conforté par l’ampleur et la forme de la bulle qui s’inscrit dans une encre aqueuse violette dispersée sur le fond.

Par ailleurs la disposition de la graphie montre la vue déformée des corps en mouvement dans un liquide. 

Vocabulaire spécifique

Le dessin: ensemble de traits ou de lignes qui représentent.

Les bulles de bande dessinée: sont les espaces qui contiennent les paroles ou les pensées des personnages.

Mouvement Surréaliste: Naît en France à la suite de la première guerre mondiale. Les artistes surréalistes accordent une grande importance à la représentation illusionniste, au rêve, à l’imagination. Les sujets se caractérisent par d’étranges associations d’éléments qui donnent ce que seule l’imagination peut créer, des mondes extraordinaires ou des réalités impossibles.

De nos jours, dans l’art contemporain,le mot surréaliste est devenu un adjectif qui qualifie des représentations au delà de la réalité.

Prolongements et rapprochements avec d’autres œuvres artistiques

Arts plastiques

La Mosaïque de la synagogue de Hamat

IV° siècle, Galilée, Israël.

IV° siècle, Galilée, Israël.

Extrait du large zodiaque avec hélios au centre sur un char. Les deux poissons sont représentés symboliquement sortis de leur contexte habituel l’eau.

vocabulaire

La mosaïque :juxtaposition de petites pierres de couleurs formant un dessin et recouvrant les murs ou les sols de certains édifices. Les différents morceaux sont assemblés par du ciment.

 Deux carpes, Vers 1833

katsushika hokusai (1760-1849)

en forme d’ éventail 28,6 x 22,4 cm

impression polychrome musée Guimet Paris

La forme de l’impression  en éventail renforce les courbes des sujets, l’ensemble donne une impression de mouvement.

Les estampes japonaises, apparaissent au XVIIe siècle importées du Japon en quantité. Elles ont été « découvertes » au cours du XIXe siècle par un grand nombre de collectionneurs, artistes, critiques d’art, marchands occidentaux, conservateurs des collections publiques. Tout commença lorsque le Japon « s’ouvrit au monde », après deux siècles et demi d’isolement (bnf estampe japonaise)

« One Hundred Fish Fountain » 2005

« fontaine de 100 poissons »

 installation de Bruce Nauman

 Un banc de 97 harengs en bronze de formes différentes reliés par un réseau de tuyaux au dessus d’un bassin rempli d’eau.

(762 x 853,4 cm)

vidéo sur le site  de la galerie Gagosian Gallery

On retrouve l’idée d’aquarium à l’air libre de Sylvain Ciavaldini et la pluie du texte de la chanson.

Vocabulaire

installation: est un agencement d’objets et d’éléments indépendants les uns des autres, mais constituant un tout. C’est une forme d’expression contemporaine.

«  shark » 2008

Sculpture de Xavier Veilhan

( 500 x 200 cm)

Les  proportions  sont fidèles au vrai requin blanc. Le matériau utilisé, l’inox renvoie la lumière comme les reflets brillants de la mer sous le soleil. Les lignes sont droites, tracées suivant un modèle informatique, cassantes elles donnent à l’animal toute sa puissance, elles nous éloignent de toute réalité.

chanson

un petit poisson un petit oiseau Juliette Gréco

parole J.M Rivière musique G.Bourgeois 1966

{Refrain:}

Un petit poisson, un petit oiseau

S’aimaient d’amour tendre

Mais comment s’y prendre

Quand on est dans l’eau

Un petit poisson, un petit oiseau

S’aimaient d’amour tendre

Mais comment s’y prendre

Quand on est là-haut

Dans cette chanson un oiseau et un poisson s’aiment d’un amour tendre «mais comment s’y prendre quand on est dans l’eau» le refrain pose la question de la communication entre deux êtres qui appartiennent à des mondes différents.

cinéma

image extraite du film  avec Gene Kelly

I’m singin’in the rain 1952

 

1H 43MN

film musical américain

langue anglaise

couleur

réalisateurs: Stanley Donen et Gene kelly

interprètes: Gene Kelly, Debbie Reynolds ,Donald O’connor

Lœw’s Inc. & Metro-Goldwyn-Mayer (MGM)

Thème  musical du film

Parole Arthur  Freed, musique Nacio Herb Brown

I’m singin’ in the rain
Je chante sous la pluie
Just singin’ in the rain
Je chante simplement sous la pluie
What a glorious feeling
Quelle sensation magnifique !
I’m happy again.
Je suis heureux de nouveau.
I’m laughing at clouds
Je me moque bien des nuages
So dark up above
Si sombres là haut
‘Cause the sun’s in my heart
Car le soleil brille dans mon coeur
And i’m ready for love
Et je suis enfin prêt pour l’amour

Let the stormy clouds chase
Laissons les nuages menaçants chasser
Everyone from the place
tous les gens de la place,
Come on with the rain
Allons avec la pluie
I’ve a smile on my face
J’ai le sourire aux lèvres
I walk down the lane
Je descends la ruelle
With a happy refrain
En fredonnant un gai refrain
‘Cause I’m singin’
Car je chante
Just singin’ in the rain
Je chante simplement sous la pluie

I’m dancin’ and singin’ in the rain…

Pascale Simonet

Image  —  Publié: octobre 22, 2012 dans 5ème

4ème, Saladier aux esclaves

Publié: octobre 20, 2012 dans 4ème

Mmes BANNOU M-H et MOUGENET K. Collège T. Fayard

Problématique et analyse

 

La figure de l’Autre : l’exotisme

 

Quel regard les Européens du XVIIIème  siècle posent-ils sur le Nouveau Monde ?

Quelle représentation de la vie dans les colonies proposent-ils à leurs contemporains ?

Quelle image de l’esclave noir véhiculent-ils ? Dans quel but ?

 

 

Date de création et contexte historique

 

Faïence de Nevers, 1785, saladier polychrome de grand feu à bord chantourné.

Faïencerie de Montreuil-Bellay (Sud de Saumure).

Conservé au Musée du Nouveau Monde à La Rochelle.

 

Description de l’œuvre

 

Le décor dit « à la terrasse » est composé de quatre scènes représentant le travail lié à la production de canne à sucre dans une plantation des Antilles françaises.

 

En haut à gauche : des esclaves dans les champs de canne, une certaine tranquillité est suggérée par la mère et son enfant.

A droite : les installations d’une petite sucrerie, dont l’étuve destinée à faire sécher les pains de sucre. En arrière-plan, un moulin à vent.

Au centre : Un commandeur rythme le travail des esclaves travaillant la terre à l’aide de houes, avec un bâton menaçant.

En bas : un esclave est fouetté, comme le préconise le code noir 1685 en cas de faute. Sur le devant, les cases en bois et torchis des esclaves.

 

Une inscription figure en bas du saladier : « VIVE LE BEAU TRAVALLE DES ILLES DE L’AMERIQUE 1785 »

Sur l’aile, le nom du commanditaire : « Pierre BREBAN DEMONTREIUL BELLAY ».

 

 

Interprétation de l’œuvre

 

Un regard porté par les Européens sur le Nouveau Monde

 

L’inspiration exotique du décor de ce saladier est courante dans l’art décoratif au XVIIIème  siècle. Il est en effet apprécié par des armateurs et des grands marchands qui établissent leur fortune grâce au commerce maritime lointain lié aux colonies.

Posséder ce saladier est donc un moyen de présenter sa réussite, ou la réussite des Européens, sur les terres lointaines.

 

L’exotisme est présent grâce à la végétation, au bâti, aux vêtements, à la couleur de peau noire, à l’idée du lointain. Aucun lien n’est fait avec l’Eden, un paradis sur Terre. Ce qui plaît est l’idée de réussite outre-mer, de puissance, de richesse apportée en Europe, de fortune possible.

L’exotisme est lié au rêve de l’Ailleurs des Européens. Des Européens qui se projettent, quitte à nier l’Autre.

 

Une représentation de la vie dans les colonies

 

La représentation du travail de la terre n’est pas nouvelle. Mais, ici, il s’agit d’esclaves noirs originaires d’Afrique, a qui un Blanc impose un travail forcé.

 

L’inscription en bas du saladier montre qu’il n’y a pas de dénonciation de ce travail mais, au contraire, un caractère positif et honorable.

Le regard porté sur les colonies et sur l’installation des Européens dans les îles américaines est bienveillant.

 

Une certaine idée de l’esclave noir

 

L’image de l’esclave noir travaillant pour le Blanc est intégrée et non remise en cause. La violence utilisée pour contrôler les esclaves n’est pas choquante, elle est légitime.

 

L’impression de tranquillité qui se dégage de la scène des deux femmes et de l’enfant, renforce l’idée, très répandue au XVIIIème siècle, que les Noirs échappent à une servitude barbare en Afrique pour vivre une servitude humaine sur les plantations en Amérique.

 

 

Vocabulaire spécifique

Colonie, esclavage, plantation, commerce triangulaire, armateur, code noir

 

 

Prolongements et rapprochements avec d’autres œuvres artistiques

 

– La controverse de Valladolid, 1550-1551 : regard sur les Amérindiens

Réflexion sur l’esclavage des Nègres, 1781 : La remise en cause de l’esclavage par Condorcet,

 

Sources

–       Musée du Nouveau Monde de la Rochelle, dossier pédagogique : La traite négrière et l’esclavage » http://www.alienor.org/musees

Quand une professeure de Sciences fait déguster un carré de chocolat à ses élèves, elle leur demande ce qu’il se passe dans leur cerveau. C’est là que tout commence…

Travailler sur un produit, le chocolat, permet de mettre toutes les matières en ébullition car chaque discipline y trouve un sujet d’étude !

Au XVIIIe, Le chocolat est un produit exotique pour les Européens. A travers ce produit, importé d’Amérique vers l’Europe, c’est l’étude du Grand Commerce qui se met en place. Au XIXe siècle, la chocolaterie Menier invente la mondialisation et s’empare prestement de toutes les innovations techniques de la Révolution Industrielle.
La publicité peut prendre ses aises, la littérature, la peinture, les objets d’art du quotidien ne passent pas à côté du produit chocolaté.

Ce travail est proposé par mesdames et messieurs :
Bannou, Dambreville, Gastelier, Mougenet, Mouniapin, Rougemont, Simonet, Trotzier, et Vandersteen.

  Les arts et les techniques témoins de l’Histoire

Art de l’espace   le site industriel de la chocolaterie Menier à Noisiel

Art du langage    une lettre de Madame De Sévigné, Charlie et la Chocolaterie   R. Dahl

Art du quotidien  objet de Haute Couture, les réalisations de C. Boyer, les fêtes et le chocolat.

Art du son   La femme chocolat  O. Ruys

Art du visuel   les publicités Menier et Banania, La Broyeuse de Duchamp, architecture de l’usine Menier

  

Disciplines concernées et mise en œuvre

 

Histoire-Géographie 

Comprendre les mutations de l’organisation sociale à travers un produit le chocolat (XVIIIe XIXe siècles)

Français

Manifester par des moyens divers sa compréhension de textes variés et de publicités

Arts plastiques

Exploiter et expérimenter le chocolat comme matériau de productions plastiques.

Prendre en compte les points de vue et exploiter les stratégies de communication.

SVT :

Découvrir les acteurs de la communication nerveuse.

Emettre des hypothèses, extraire des informations et communiquer sous forme de schéma.

Physique-Chimie

Découvrir la composition chimique du chocolat.

Anglais

Décrire et analyser une publicité d’époque, puis savoir la décliner au goût du jour (poster ou vidéo).

Mathématiques

Observer la structure métallique et la reproduire (architecture)

 

3ème, Marylin, Joana Vasconcelos

Publié: octobre 19, 2012 dans 3ème, Les femmes

Joana Vasconcelos

Problématique et analyse

Joana Vasconcelos évoque la condition des femmes, condamnées à cuisiner et à porter des talons hauts tout en faisant d’elles une installation monumentale.  »

“Dans cette sculpture, Joana juxtapose la dualité de rôles de femme dans la société – le rôle domestique(intérieur), qui traite avec la maison, s’occupant de la famille, etc et la sphère sociale, qui exige que des femmes recourent aux mesures artificielles et inconfortables pour apparaître plus socialement complaisantes.” Ana Rodrigues

Date de création et contexte historique: 2011, au Château de Versailles

Auteur

Joana Vasconcelos est née à Paris et vit et travaille à Lisbonne .

Suivant les traces de l’artiste américain Jeff Koons , le français Xavier Veilhan et Bernar Venet, et les Japonais Takashi Murakami , Joana Vasconcelos sera la première femme et la plus jeune artiste contemporain à exposer à Versailles. (wkp)

Interprétation de l’œuvre

C’est une accumulation de marmites métalliques et brillantes en forme de chaussure à talon aiguille géante, d’une échelle monumentale.

La surface brillante et réfléchissante des marmites donnent un caractère dur à ses chaussures clinquantes, rien de chaud dans ces marmites détournées de leur fonction. Non, c’est une image de femme qui a quitté ses fourneaux, d’une femme polie, d’une femme brillante, réfléchissante que l’artiste nous livre , l’image d’une femme élégante, raffinée (l’assemblage des marmites est parfait, suivant les courbes du pied), d’une femme entrant dans le monde de l’art et de l’histoire avec brio. « La femme doit être séductrice et cuisinière alternativement » Philippe Dagen

L’artiste crée un contraste saisissant avec le décor de Versailles : quelle est cette reine, cette princesse entrée au palais, laissant ses chaussures sur le parquet ? Une géante Cendrillon ?

Vasconcelos s’approprie, décontextualise et subvertit les objets préexistants et les réalités quotidiennes. Elle joue avec les changements d’échelle. Le spectateur devant ces chaussures doit se sentir tout petit face à ces escarpins géants et métalliques. L’artiste travaille le rapport au corps dans cette oeuvre, corps de la femme magnifié, monumentalisé mais aussi la perception par le public.

Quelle action effectue l’artiste pour réaliser son oeuvre ? Empiler, emboîter, accumuler, disposer, agencer de façon plastique des marmites en occupant un grand espace. C’est bien le geste de la ménagère qui cherche des solutions économiques pour ranger ses casseroles dans ses placards, toujours trop grosses ou envahissantes.

Rapport à la problématique

La femme est représentée de façon monumentale, elle occupe toute la place de la salle, se réfléchissant même dans les glaces.

« Si Joana Vasconcelos prends des airs de coquette et surjoue la féminité, c’est pour mieux en dénoncer les lieux communs ». Philippe Dagen

Vocabulaire spécifique

Accumulation

Changement d’échelle

Monument

Action

Geste

Prolongements et rapprochements avec d’autres œuvres artistiques

Arman a été le premier à réaliser des accumulations d’objets pour en faire des œuvres d’art.

Vénus au ongles rouges, 1967

Ici aussi, les objets sont détournés mais Arman ne travaille pas à une échelle monumentale. Il reprend les formes de la fameuse statue antique : la Vénus de Milo.

Zoulika Bouaddellah : l’artiste met en scène un dicton de la sagesse chinoise « ne rien dire, ne rien voir, ne rien entendre » pour dénoncer la condition des femmes dans les pays arabes où règne le fanatisme religieux et où les femmes sont condamnées à se taire et n’ont pas droit à la parole publique.

Les singes de la sagesse (aussi appelés « les trois petits singes ») est un symbole d’origine asiatique constitué de trois singes, dont chacun se couvre une partie différente du visage avec les mains : le premier les yeux, le deuxième la bouche et le troisième les oreilles. Ils forment une sorte de maxime picturale : « Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire ». À celui qui suit cette maxime, il n’arriverait que du bien. (wkp)

Le singe à la Renaissance était le symbole des peintres.

Cette casserole à couscous perforée nous fait penser à la Burqa

Fiesta, Pascale Simont, artiste résidant à la Réunion

Les chaussures noires agrandies elles aussi, forment comme une sorte de cadre de la peinture. Composition mettant en scène une symétrie presque parfaite. Le rouge et le noir sont les couleurs dominantes mettant en évidence la carnation de la peau. Le motif de la robe occupe la moitié de la surface de la toile et coïncide presque avec la surface du tableau

Francis Moreeuw, le Roi et la Reine, sculpture, technique mixte, 1998

Là aussi, les pieds de la reine sont surdimensionnés. Elle porte en guise de couronne des couverts dorés.

Charles Baudelaire était très impressionné par les grandes choses. Dans Le salon de 1859 il dit : « Dans la nature dans l’art, je préfère, en supposant l’égalité de mérite, les grandes choses à toutes les autres, les grands animaux, les grands paysages, les grands navires, les grands hommes, les grandes femmes, les grandes églises, et, transformant comme tant d’autres, mes goûts en principes, je crois que la dimension n’est pas une considération sans importance aux yeux de la beauté. » Wikipedia

Claude Lévêque, claude lévêque, valstar barbie, 2003

Rencontre artistique avec Marie-Claude Quignon.

« Eh bien oui, je suis toujours curieuse de rencontres même à distance, c’est même la base de mon travail, peut être que vos élèves peuvent se présenter brièvement, nom, âge, lieu de vie, leur envie ou projet pour un futur proche, ce serait une façon vivante d’entrer en relation, qu’en pensez vous ? »

« j’attends avec plaisir ce que cette aventure va nous amener. »

Cordialement
Marie claude Quignon

Mille et un bocaux

Marie Claude Quignon

Problématique et analyse

Marie Claude quignon donne la parole à des femmes de la Méditerranée, des femmes qui n’ont pas souvent accès à la libre expression dans leur foyer ou en société. Avec La Forge, association culturelle. « Comment intervenir sur la réalité, le présent, la société, avec des productions artistiques  ?” voilà une mission de cette association.” Elle est allée les rencontrer dans leurs quartiers pour leur permettre une réelle rencontre avec l’art mais aussi pour leur donner la parole.

Date de création et contexte historique

1995-1998.

Auteur

Marie Claude Quignon est une artiste plasticienne qui s’intéresse aux questions des femmes et sociales. Elle a travaillé notamment en milieu carcéral avec des femmes. « Durant deux ans, j’ai rencontré des femmes incarcérées. Il ne s’agissait pas pour moi de réaliser un travail documentaire ou social sur la prison, mais d’enregistrer l’incidence de cette situation physique et mentale particulière sur le corps et la parole” Toutes les femmes ont mal au ventre.

Interprétation de l’œuvre

La rencontre avec cette œuvre est surprenante : quelle est cette épicerie fine qui s’est installée dans l’espace du musée ? En regardant de plus près, on découvre des centaines de bocaux remplis d’objets divers et variés. Le spectateur est intrigué et cherche à en savoir davantage. Les bocaux sont rangés et bien disposés de telle sorte que l’ensemble forme un tout mais que chaque bocal soit isolé des autres afin de bien pouvoir le contempler.

Marie Claude Quignon a donné un bocal transparent « le parfait » à chacune de ces femmes en leur demandant d’y introduire des objets du quotidien. Elles devaient s’adresser à leurs enfants en leur montrant de quoi ils devaient se méfier ou au contraire des conseils pour trouver une manière de bien vivre.

« Un bocal pour y disposer (hors toute considération esthétique) un objet symbolique pour dire ce qu’elles veulent transmettre (à leurs enfants).

Un bocal positif pour dire ce sur quoi leurs descendants peuvent s’appuyer pour bien vivre.
Un bocal négatif pour dire de quoi ils doivent se méfier. “

L’association La Forge avec l’artiste et une écrivaine Annie Cohen qui a suivi le travail de ces femmes ont encadré cette action.

“Chaque parcelle de cette oeuvre sera un bocal renfermant un peu de chacune d’elles. Le regard de ces femmes est profond et tendre, même les plus jeunes me regardent comme des mères.” Extrait du journal de Marie Claude Quignon, 18 avril 95, Maubeuge

C’est donc une grande installation faite d’étagères de hauteurs différentes disposées comme un labyrinthe dans lequel le spectateur déambule en découvrant les bocaux remplis par ces femmes de la Méditerranée. C’est comme un grand llivre ouvert où chaque bocal est un chapitre de vie d’une femme.

“Aujourd’hui, nous avons récolté plus de 700 bocaux.
Des bocaux qui disent le monde, une culture, une langue, un pays.
Sept cents bocaux qui disent une parole authentique, plurielle, pour une installation ouverte.”

Sept cents bocaux qui conservent des paroles de femmes qui d’habitude ne s’expriment pas de cette manière et qui font leur première rencontre avec l’art contemporain notamment avec le détournement d’objets. On voit dans ce bocal ci-dessus que le bocal représente un visage recouvert d’un foulard. Comment ne pas songer à la burqa qui ici est transparente laissant découvrir le visage d’une femme ? Certains bocaux sont ouverts, d’autres bien refermés en fonction de ce que ces femmes ont voulu dire.

Le titre de l’oeuvre est inspiré par des contes 1001 nuits qui est un recueil anonyme de contes populaires en arabe, d’origine persane et indienne. Il est constitué de nombreux contes enchâssés et de personnages mis en miroir les uns par rapport aux autres.

La structure de l’oeuvre de M.C Quignon reprend la structure du recueil avec des bocaux alignés relatant des petites histories, le tout formant une grande histoire artistique sur la thématique des femmes. Cette oeuvre est un grand polyptyque (voir la guerre est un jeu d’enfantde Francis Moreeuw). Une oeuvre donc qui s’adresse aux enfants de ces femmes mais également aux enfants, aux femmes et au monde en

général.

Les Mille et une nuits: Le sultan Shahryar, déçu par l’infidélité de son épouse, la condamne à mort et, afin de ne pas être à nouveau trompé, il décide de faire exécuter chaque matin la femme qu’il aura épousée la veille. Shéhérazade, la fille du grand vizir, se propose d’épouser le sultan. Aidée de sa sœur, elle raconte chaque nuit au sultan une histoire dont la suite est reportée au lendemain. Le sultan ne peut se résoudre alors à tuer la jeune femme ; il reporte l’exécution de jour en jour afin de connaître la suite du récit commencé la veille. Peu à peu, Shéhérazade gagne la confiance de son mari et finalement, au bout de mille et une nuits, il renonce à la faire exécuter11.

Comment ne pas voir dans cette oeuvre une interpretation plastique de ce conte où tant que les femmes parleront, l’histoire restera ouverte ? C’est au public de décider de la fin de cette rencontre avec ces femmes qui ont livré un peu de leur intimité dans chacun de ces bocaux.

Cette installation est un pénétrable contrairement à l’oeuvre de Moreeuw. Il y a un rapport au corps créé avec le spectateur afin de le toucher, de l’émouvoir. On marche donc dans le “corps” de cette oeuvre qui tantôt est repliée sur elle (les etageres sont très proches les unes des autres en fonction de l’espace de l’exposition) ou plus dispersées. C’est une oeuvre à géométrie variable.

Les femmes ont fait leur cuisine à l’intérieur, mais une cuisine plastique dans le but de délivrer un message.

Sur la photo de l’installation ci-dessus, un jeu d’éclairage met en lumière les bocaux avec un clair-obscur magnifiant les reflets, la transparence des bocaux délivrant leur secret au spectateur. Mais parfois, les bocaux sont installés dans la lumière du jour et la perception est totalement différente.

Mari-Claude Quignon adapte son oeuvre tentaculaire au lieu, à l’espace d’exposition. Elle qualifie son installation “ouverte”, en effet elle n’a pas de début ni de fin.

Cette oeuvre dans sa structure fait penser aux pellicules autrefois de la photographie argentique où chaque bocal serait un portrait, une photo prise par l’artiste où le modèle aurait choisi sa pose, son message. En effet ces pellicules sont transparentes pour laisser passer la lumière, comme les bocaux délivrant leur contenu. Chaque étagère serait un morceau de pellicule. L’artiste M.C. Quignon a realise comme un reportage plastique sur les femmes de la Méditerranée.

Chaque bocal est en fait un phylactère: une bulle, “Un phylactère, généralement connu comme la bulle, est un moyen graphique utilisé en illustration puis en bande dessinée pour attribuer des paroles aux personnages. »

Cette installation est une bande-dessinée géante, chaque étagère une case de l’ouvrage.

“Un phylactère est, à partir de l’art chrétien médiéval, un moyen graphique semblable à une petite banderole, sur laquelle se déploient les paroles prononcées par le personnage que l’on représente (par exemple de nombreuses Annonciations). »

Strigel 1506

Rapport à la problématique

Une femme artiste donne la parole à d’autres femmes qui en sont privées. Elle fait rentrer dans l’espace du musée la liberté d’expression féminine.

Prolongements et rapprochements avec d’autres œuvres artistiques

Shadafarin Ghadirian, Like ererydays series, Sans titre (Femme voilée et gant jaune),

Photographe, elle montre la consideration des femmes dans les pays où elles sont opprimées.183 x 183 cm, C-print, 2000-2001 Saatchi Gallery. Elle remet en question le role et le statut des femmes dans les pays islamistes. Mais elle montre une image positive de ces femmes pourtant soumises aux codes de la Charia: Le terme utilisé en arabe dans le contexte religieux signifie : « chemin pour respecter la loi [de Dieu] ». On pense au port du voile et à la burqa.

Prolongement pédagogique 3ème :

Rencontre avec Marie Claude Quignon:

je suis toujours curieuse de rencontres même à distance, c’est même la base de mon travail, peut être que vos élèves peuvent se présenter brièvement, nom, âge, lieu de vie, leur envie ou projet pour un futur proche, ce serait une façon vivante d’entrer en relation” Marie Claude Quignon aux élèves du college.

j’attends avec plaisir ce que cette aventure va nous amener.

1) A la manière de ces femmes de la Méditerranée, avecdes objets, des images, des fragments de matériaux qui montreront ce que vous aimez ou ce que vous n’aimez pas dans la vie de tous les jours, vos projets, vos envies ou un souvenir ou un cauchemar, votre lieu de vie, votre île, présentez-vous ou une partie de vous-même à l’artiste. Possibilité de représenter ces objets si vous ne les avez pas à disposition.

Apprentissages :

– Prendre en compte les points de vue du regardeur et de l’auteur

– Répertorier les modalités d’exposition, accrochage, mise en scène, mise en espace

Compétences :

– Produire du sens en disposant des objets, des matériaux, des volumes dans un espace déterminé

– Prendre en consideration, dans une production artistique, des données physiques d’un espace plan (longueur,largeur, proportions

2) Vous placerez le tout sur une grande feuille de papier blanc (que vous pourrez peindre), où vous réaliserez une bulle (un phylactère) qui représentera l’espace de votre parole à l’artiste. Soit en peinture soit aussi avec des objets ou des matériaux).La forme de la bulle devra représenter votre personnalité et caractère (forme, couleur, mise en page dans la feuille …)

La guerre est un jeu d’enfant,

Francis Moreeuw

2001

Merci à Francis Moreeuw qui a donné de son temps artistique aux élèves du collège.

« Bonjour,
Comme vous me le demandez, je vous joins un texte sur cette œuvre.
Il y aurait beaucoup à dire sur celle-ci car chaque objet, peinture etc. a été réalisé spécialement pour ce projet et possède pour certain une histoire très personnelle intimement mêlée à la mienne.
J’espère que vos élèves s’amuseront à réinterpréter ces objets. N’oubliez pas que l’humour chez moi est toujours présent même si parfois il côtoie l’horrible comme cet Hitler au nez rouge.
Tenez moi au courant de leurs réactions, qu’elles soient positives ou négatives. » extrait d’un mail du 28 septembre 2012
Bien cordialement
Francis Moreeuw

Texte de l’artiste en entier: télécharger ici Texte La guerre est un jeu d’enfant (1) de Francis Moreeuw adressé aux élèves.

Paroles d’enfants 11-12 ans : texte envoyé à l’artiste relatant les propos des enfants au sujet de cette oeuvre

Correspondance avec l’artiste: moreeuw enfants paroles

Problématique et analyse

« Ce que j’ai voulu montrer dans cette œuvre c’est que je ne comprends rien à cette guerre et plus généralement à toutes les guerres » Francis Moreeuw. L’artiste dénonce le pouvoir, l’intolérance et toutes les guerres.

« J’espère que vos élèves s’amuseront à réinterpréter ces objets. N’oubliez pas que l’humour chez moi est toujours présent même si parfois il côtoie l’horrible comme cet Hitler au nez rouge.” Propos de Francis Moreeuw adressés aux élèves du college.

Date de création et contexte historique

Installation 1.92 x 4.40 x 2.70 (dimensions variables)

2001

« Fin 2000, alors que je dois participer à un salon en avril 2001, je suis révolté par toute cette violence et je décide de réaliser une « œuvre totale » qui sera un cri ou plutôt un coup de gueule et comme Prévert j’hurle :

« QUELLE CONNERIE LA GUERRE !»

 

« Petit rappel historique pour situer les circonstances de la réalisation de cette installation.

(Source WIKIPEDIA)

La seconde Intifada est généralement daté au 28 septembre 2000 (jour de la visite d’Ariel Sharon sur l’Esplanade des Mosquées), il n’existe pas de consensus sur la date de fin de ce soulèvement parmi les auteurs et commentateurs.

Elle débute par une insurrection populaire palestinienne dans les territoires occupés à laquelle se joint la population arabe israélienne. Elle est immédiatement violemment réprimée par l’armée israélienne. Après 15 jours, on compte plus de 100 morts côté palestinien et 10 côté israélien[] auxquels s’ajoutent 14 Arabes israéliens tués par la police israélienne[].

Le 30 octobre, la violence grimpe d’un cran quand le Hamas entame une campagne d’attentats-suicides avec une quarantaine d’attaques perpétrées jusqu’à la fin 2001[].

« Il n’est aucunement question pour moi de prendre parti pour l’un ou l’autre camp au sujet de cette guerre qui dure depuis 1948 car je suis nul en géopolitique. »

Auteur

Francis Moreeuw : Artiste contemporain du nord de la France. De très nombreuses sculptures et peintures à l’acrylique, à l’aquarelle, à la gouache, à l’encre de Chine, avec des collages. Une vision de la libre figuration telle que la pense l’artiste. La figuration libre est un mouvement artistique français.

Figuration Libre (figuration libre) est une association française mouvement artistique des années 1980. Le terme a été inventé par Fluxus et l’ artiste Ben Vautier .

Propos de l’artiste «  » Je suis autodidacte et enfant, tout petit déjà, mes parents m’ont rappelé que je dessinais toujours. « On te donnait un crayon et du papier et on ne n’entendait plus. » m’ont-ils raconté. La famille s’amusait à me voir réaliser des caricatures, des personnages avec une grande aisance. Néanmoins pas question de faire les beaux-arts, ils voulaient que je devienne ingénieur en électronique, car, bien sûr « si vous saviez comme ils sont les artistes… » 

“Il y aurait beaucoup à dire sur celle-ci car chaque objet, peinture etc. a été réalisé spécialement pour ce projet et possède pour certain une histoire très personnelle intimement mêlée à la mienne.”

Son œuvre a une dimension autobiographique.

Interprétation de l’œuvre

 

Vous entrez dans une pièce ressemblant à une chambre d’enfants dans le désordre. 

 

L’impression première est un champ de bataille. C’est une installation composée de différentes œuvres d’art se suffisant à elles-mêmes.(ex Hitler au nez rouge).  On pense aux œuvres de Ben Vautier et à la structure du bizart bazart de Ben

ou alors d’une autre oeuvre de Thierry Ehrman: La demeure du chaos, à l’échelle monumentale d’une demeure.

L’artiste dans ces œuvres conçoit son propre musée avec des accumulations d’œuvres d’art assemblées selon un ordre particulier. Dans l’œuvre de Francis Moreeuw, toutes les œuvres sont disposées autour du parc en bois pour enfants en bas âge commençant à se tenir debout.  Ce parc ressemble plus à une prison qu’à autre chose et c’est l’ensemble de la pièce, de cette installation qui nous fait penser à une cellule d’un prisonnier (de guerre)  avec ses héros et fétiches accrochés aux murs.  Les peintures seraient-elles avec les images provenant des jeux-vidéos, de la bande-dessinée et de la peinture des icônes dangereuses ?  La « rangers » avec des roses en plastiques peut évoquer une sorte d’autel.

Le petit ballon jaune et blanc, placé dans un recoin de l’installation est la seule référence au monde de l’enfance avec le parc en bois. Tomb Raider évoque plutôt l’adolescence avec les jeux vidéos. Le pied de l’héroïne écrase une image qui gît au sol. Aurait-elle tué celle-ci ?

L’artiste montre que le rapport à la guerre fait malheureusement partie de l’éducation des enfants avec notamment la présence de Tomb Raider, cette femme guerrière fatale entrainée au monde des armes et de la bagarre. Le contraste entre le lit et les œuvres est saisissant. L’artiste nous interpelle sur notre manière d’élever nos enfants.  Le décor de cette chambre semble incongru vu l’âge estimé de l’enfant 6mois à 18 mois. Les adultes sont remis en cause dans leur éducation de leur progéniture.

 

« CROSSE EN L’AIR !!! »

 

« Et de voir ces enfants jetant de simples pierres sur les chars. » Francis Moreuuw

Ici, Francis Moreeuw ne nous montrerait-il pas que les enfants sont démunis face à notre manière de les élever ? Pas besoin d’être un érudit pour comprendre les effets néfastes de la guerre, mais combien de savoir et de connaissances faut-il détenir pour comprendre l’art, cette installation?

« La guerre est un jeu d’enfant »

 

« Et chez nous, ces armes en plastique que le bon Saint Nicolas ou Papa Noël offrent aux petits. » F.M.

« La guerre est un jeu d’enfant »

En regardant de près, on aperçoit un portrait d’Hitler au nez rouge. L’artiste fait appel à l’humour dans ce portrait. Mais quel genre d’humour ? Un humour grinçant et noir. «  Une réflexion, une info, une image, un article, tout m’est prétexte à interprétation et mon imagination toujours en éveil fait le reste. Le tout traité avec humour, même ou plutôt surtout quand il s’agit de sujet tragique. « On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui » Pierre Desproges  » F.M

Une bande signalétique sépare l’espace de l’oeuvre de l’espace du spectateur.

“Attention danger” semble crier cette bande rouge et blanche. Cette installation est interdite d’accès: on ne peut pas pénétrer à l’intérieur: c’est un impénétrable, un espace tabou. “Attention”, chasse à tirs. D’où viennent les tirs ? Il semblerait que chaque oeuvre soit en fait une bombe, une mitraillette, une arme de guerre. Comment ne pas songer aux propos de Picasso “La peinture n’est pas faite pour décorer les appartements. C’est une arme offensive et defensive contre l’ennemi”. Pour Francis Moreeuw, c’est très clair: l’ennemi c’est la guerre qui tue le monde de l’enfance et de l’innocence. L’espace extérieur avec l’urne destinée au public est un espace de libre expression face à l’espace artistique confiné dans l’espace d’un angle, d’un recoin d’où vient le chaos. “Condamnez la guerre et pas l’art contemporain” semble crier cette installation qui à première vue n’est pas plaisante ni attrayante.

“Tous ces objets amassés sur des palissades et dans un espace barré par un ruban de chantier rouge et blanc avec cet avertissement « DANGER CHASSE A TIR » dérisoire que j’avais vu en période de chasse dans les bois, ces références, ces citations, cet humour noir etc. tout cela pour dénoncer l’horreur. Oui je sais, j’enfonce des portes ouvertes… mais il me fallait y mettre toutes ces choses. C’était comme une frénésie, un besoin d’exorciser ce mal et aussi une façon de me mettre à nu quitte à choquer. » F.M

Une petite sellette au fond à droite avec des roses en plastique glissées dans une rangers apparaît comme dérisoire et c’est le seul clin d’œil à la vie, à une renaissance possible. Comme la fleur peinte dans Guernica de Picasso au milieu d’une scène de massacre. A sa droite, un portrait de Yasser Arafat, fondateur de l’Organisation de Libération de la Palestine, le leadeur des palestiniens.

Cette installation composée de différents tableaux est un polyptyque contemporain.

 

 : « Un polyptyque est un ensemble de panneaux peints (voire sculptés), articulé ou non, exposant en peinture chrétienne plusieurs épisodes d’une même histoire sacrée. ». Les polyptyques servaient à illustrer les lectures des histoires saintes dans les rituels religieux chrétiens.

Quelle histoire est racontée aux enfants dans cette chambre interdite ? Certainement pas un conte de fées.

On remarque également que les personnages présents dans cette installation proviennent du monde des jeux mais aussi de la réalité : on aperçoit le portrait de Yasser Arafat aux côtés de celui de Tomb Raider. La réalité se mélange au monde du virtuel.

Les dimensions variables de l’installation montrent que celle-ci s’adapte à toutes les expositions, à tous les espaces comme la guerre elle-même, adipeuse et tout-terrain. C’est une œuvre à géométrie variable comme les polyptyques qui fermés ou ouverts occupent des espaces différents.

C’est une œuvre qui inscrit la Grande Histoire dans la petite histoire (autobiographique).

L’artiste met en scène tous les genres artistiques:

chambre d’enfant jouant à la guerre :

–       scène de genre (On appelle scène de genre, ou parfois peinture de genre lorsqu’on parle spécifiquement de peinture, un type d’œuvre peinte ou dessinée qui figure des scènes à caractère anecdotique ou familier.)

–       polyptyque sur la guerre : scène d’histoire, le grand genre

–       portraits

–       nature morte (rangers et fleurs en plastique)

–       Paysage

Cette installation est une encyclopédie artistique mêlant les genres du passé avec des techniques contemporaines : installation de peinture et d’objets dans l’espace.

On y voit aussi des peintures figuratives, des images signalétiques (ruban et silhouette noire) une affiche, une icône, des pages de bande-dessinée, de la peinture abstraite, une allusion au cinéma (tête décapitée et installation ressemblant à une scène de tournage avec le projecteur) bref une vraie histoire de l’image mise en scène dans cette installation.  je décide de réaliser une « œuvre totale ». C’est bien la totalité des arts qui sont présents ou représentés dans cette installation.

Rapport à la problématique

« Face à tout ce « fatras » le spectateur ne peut pas rester insensible, il cherchera à comprendre. Il y trouvera des choses qui le toucheront, le « bousculeront », le feront rire ou… vomir…

Je veux que les gens qui verront cette installation réagissent et deviennent plus tolérants.

C’est pour cette raison que j’ai placé une urne à l’entrée de l’espace, avec un stylo, pour une totale liberté d’expression ».F. Moreeuw.

Son œuvre est interactive, le public est invité à s’exprimer. Christian Boltanski dans Personnes et Jochen Gerz dans Monument contre le fascisme font également intervenir le public dans leur œuvre. C’est une nouvelle conception de l’œuvre d’art que le public activement achève grâce à sa participation. Les artistes invitent le spectateur à devenir un public citoyen plastiquement.

Francis Moreeuw se rapproche de Fluxus

  1. Fluxus est une attitude. Ce n’est pas un mouvement ou un style. [ 78 ]
  2. Fluxus est intermedia[ 79 ] Fluxus créateurs aiment voir ce qui se passe quand différents médias se croisent. Ils utilisent des objets trouvés et tous les jours, des sons, des images et des textes pour créer de nouvelles combinaisons d’objets, des sons, des images et des textes.
  3. Des œuvres Fluxus sont simples. L’art est petit, les textes sont courts, et les performances sont brèves.
  4. 4.    Fluxus est un plaisir. L’humour a toujours été un élément important dans Fluxus.

Dans son œuvre on peut lire un panneau avec écrit dessus un jeu de mot plastique

RAT

                                                                         CISTE     JE T’EMMERDE

FAT

Il dénonce les racistes en les assimilant à des rats et les fascistes à des fats :  arrogantavantageuxfaraudposeurprésomptueuxprétentieux,vaniteux.

Francis Moreeuw a violemment réagi à un événement, une guerre et pris position face à celle-ci. C’est en tant qu’artiste citoyen qu’il crée son installation. C’est un cri contre le monde de l’intolérance, celui des guerres de religions entre autres. Il prône l’art comme méthode d’éducation des enfants afin d’éviter les guerres. Son installation en est un manifeste.

Enfin, en regardant dans les détails, on voit une peinture gisant au sol foulée par le pied de la silhouette de Tomb Raider. La peinture serait-elle la première victime de la guerre menée par la société de consommation incarnée dans cette installation par la bande-dessinée et par les jeux vidéos ? Au pied de « Tomb raider » c’est une affiche de la collection « Documentation pédagogique » représentant le massacre de la Saint Barthélémy. L’artiste dénonce les guerres de religion, le fanatisme.

Cette affiche (envoyée par l’artiste) issu de l’art populaire, de masse, de la Saint Barthélémy est un thème de l’histoire de la peinture. (Ce tableau du massacre de la Saint Barthelemy ci-dessous fut réalisé entre 1576 et 1584 par François Dubois (1529-1584)

« D’ailleurs, on ne le distingue pas sur la photo de l’installation, mais sur cette affiche repose un sac plastique transparent contenant une tête décapitée.(je vous rassure, une fausse tête) » F.M « J’ai réalisée cette tête et elle est réaliste. Elle est dans un sac en plastique transparent ce qui donne un effet encore plus morbide, vous savez comme dans ces films avec des sérial killers. » F.M. 

L’espace de cette installation est séparé en deux parties:

– un espace de libre expression destiné au public dont la silhouette noire fait partie. Serait-ce l’espace des victimes invitées à s’exprimer librement, à parler, à manifester leur souffrance ici ?

– L’espace de l’installation serait-il l' »espace des bourreaux » se livrant à une terrible bataille ? Francis Moreeuw parle ici de son combat avec l’art, avec les images, avec la peinture qui n’est pas facile. On peut voir ici comme une sorte d’autoportrait mis en scène dans cette installation, d’où sa dimension autobiographique.

L’espace délimité par le ruban signalétique détermine une « réserve », terme plastique désignant une surface vierge laissée telle quelle en peinture. C’est le monde de l’art que Francis Moreeuw confine dans sa réserve en le qualifiant d’espace vierge plastique.

« Deux personnages grandeur nature sont disposés en dehors de l’espace réservé. Lara Croft incarnerait-elle une mère guerrière défendant la chambre de son enfant et la silhouette de la victime l’ombre du père absent ou victime ? » (analyse inspirée par la parole des enfants.) Serait-ce une installation macabre d’une Madone à l’enfant contemporaine dénonçant les droits de garde des enfants attribués généralement à la mère et faisant fi du droit des pères ?

Madone à l’Enfant, Raphaël, Wikipedia

Vocabulaire spécifique

Accumulation.

Figuration libre.

Installation.

Technique mixte

Polyptyque

Autobiographique

Fluxus

Prolongements et rapprochements avec d’autres œuvres artistiques

–       Ben Vautier

–       Thierry Ehrman

–       Kata Legrady

–       Picasso

–       Jochen Gerz

–       Boltanski

 
Paroles d’enfants de 3ème: titres trouvés sans connaître celui de l’oeuvre donné par l’artiste.

« Enquête criminelle »

« Le monde du n’importe quoi »

« La violence dans tous ses états »

« La chambre de Chuky »

« La mauvaise éducation »

« Destination finale »

« L’exorcisme »

« Le mal élevé »

« La boutique ensorcelée »

« La guerre est un jeu d’enfant » (X2)

« La vision dans son deuxième état »

« Les guerres rassemblées »

« Meurtre en famille »

« La guerre pour un enfant »

« Jeux interdits »

Extraits de leurs textes écrits pour l’artiste:

« Je trouve votre œuvre passionnante,émouvante et très réaliste d’une vie de couple avec des parents qui se disputent pour leur enfant et qui finit par un désastre. La femme Lara Croft a un corps possédé et a décapité la tête du père et jetée dans la chambre de l’enfant. »

« La mère de l’enfant est en train de se disputer avec le père. La chambre de l’enfant est en désordre. La maman a tué le papa. Lara Croft éduque mal son enfant. Il y a aussi les guerres de religion. L’enfant est enfermé dans sa chambre, il n’a rien à boire et à manger. L’artiste dénonce les guerres de religions, entre adultes, la responsabilité des parents envers leur enfant »

« Même les enfants de deux ans peuvent comprendre votre installation, elle s’adresse à tout le monde. Nous vous remercions d’avoir fait cette œuvre qui nous a fait réfléchir sur les guerres et les enfants. »

« Cette installation dénonce toutes les guerres, les séparations dans les familles. Elle nous a fait voir la violence dans tous ses états donc cette œuvre est excellente »

 

« Cette œuvre est bien représentative de l’autorité des femmes sur les hommes, cette œuvre est bien réfléchie car elle touche une vision que tout le monde va ressentir : les enfants.

Il y a beaucoup de références au film. Mais le titre est mal choisi car quand on va faire la guerre on risque notre vie et ce n’est pas un jeu d’enfants. En faisant cette image sur la chambre d’un enfant, cela va toucher les parents. Il inspire les enfants. On est sur un lieu du crime car la tête de l’homme décapité, c’est la femme qui vient de le tuer. Il essaie de montrer ce que l’homme va ressentir si on le sépare de ses enfants. Ca va perturber l’homme. Vous avez bien choisi le thème de l’enfant pour montrer toutes les guerres ».

« Cette œuvre montre la domination de la femme par rapport à l’homme. C’est un espace violent où on voit une scène de guerre. La mère a l’air protectrice car elle se positionne pour protéger son enfant et pour avoir la garde de son enfant. La chambre de l’enfant est mal rangée pour montrer le nombre de problèmes qu’il y a dans les familles. La silhouette noire représente le père qui ne fait désormais plus partie de la famille. Cette scène nous émeut car une famille est fondée d’un père et d’une mère et l’enfant a besoin de ses deux parents pour grandir. »

Réponse de l’artiste aux élèves:

Un grand merci pour ces réactions que je vais imprimer et garder précieusement. La parole des enfants est spontanée, souvent très juste et très touchante.
 
Puissent-ils garder ce regard que moi, en tant qu’artiste, j’essaie de préserver afin de créer avec l’innocence de l’enfance, même et surtout sur les sujets les plus graves.
 
Cela vérifie une fois de plus que :  « La vérité sort de la bouche des enfants »
 
Transmettez mon merci à vos élèves et dites leur que leur texte m’a beaucoup touché.
 
Ah! si il n’y avait pas 9000 km qui nous sépare je viendrais exposer mon installation dans votre collège pour une rencontre avec vous tous.
Les élèves du collège Fayard, Francis Moreeuw et Danièle Pérez

5ème, Escher et les mathématiques

Publié: septembre 30, 2012 dans 5ème

 

Productions d’élèves:

 

 

5ème, la Dame à la Licorne

Publié: septembre 30, 2012 dans 5ème

Problématique et analyse

www.panoramadelart.com/ source

Comment la représentation de l’animal participe à l’élaboration du sens dans cette oeuvre du Moyen Age?

Cette tenture se compose de six tapisseries Chacune met en scène, dans un jardin idyllique, une jeune femme de la haute société accompagnée d’une suivante. Elles sont entourées d’une licorne et d’un lion qui présentent les armoiries du commanditaire, un membre de la famille Le Viste, peut-être Jean, qui occupe une charge importante sous le règne de Charles VIII, après 1483.

Date de création et contexte historique

fin XV siècle

dimensions

à mon seul désir ( H.3,77m; L.4,73m) ci-dessus

le goût ( H.3,77m; L.4,66m )

l’ouie ( H.3,77m; L.4,66m )

la vue ( H.3,12m; L.3,30m )

l’odorat ( H.3,68m;.L.3,22m )

le toucher ( H.3,77m; L.4,66m )

matériaux: laine et soie

technique: tapisserie

lieu de conservation:Paris musée national du moyen âge, Cluny.

découverte en 1841 par Prosper Mérimée dans le château de Boussac

Auteur

anonyme

 

Interprétation de l’œuvre

Cinq  tapisseries illustrent les 5 sens

le goût, la vue, le toucher, l’odorat, l’ouie.

Les animaux et les personnages sont présentés sur une sorte de tapis flottant dans un espace sans profondeur..

Le décor est floral et ornemental dans une dominante de rouge. Cette absence de perspective renforce l’idée de merveilleux propre  au Moyen Age. Des animaux familiers, lapin, oiseaux, singe, habitent les fonds des tapisseries et créent un univers de rêve.

La signification de La sixième «  à mon seul désir », et plus mystérieuse .Le texte renvoie à l’amour courtois.

Le tapis d’herbe est ancré au sol, les bijoux portés dans les autres panneaux  sont déposés dans un coffre par la dame. Est ce un refus de la tentation et de la renonciation aux 5 sens?  Est ce la représentation du sixième sens « le sens de l’intelligence et du coeur » le libre arbitre. Le mystère reste entier par manque d’information parvenue à notre époque. Il nous reste une oeuvre narrative composée de six images.

Rapport à la problématique

Dans la Licorne réside le merveilleux, car c’est une créature fabuleuse au corps de cheval, à la tête et aux pattes de chèvre, et une corne frontale. Sa présence témoigne de la place qu’elle occupe dans l’imaginaire médiéval. Les bestiaires médiévaux dans lesquels elle est décrite sont inspirés des légendes véhiculées durant l’Antiquité. En dépit de son caractère fabuleux, la licorne est souvent représentée comme un animal réel au Moyen Age dans un environnement quotidien.

Vocabulaire spécifique

 

Allégorie – Armoiries – Bestiaire – Carton – Commanditaire Licier – Tapisserie – Tenture

Prolongements et rapprochements avec d’autres œuvres artistiques

La tapisserie  de Bayeux 1070 (Moyen Age)

Rustican de Pietro Di Crescenzi 1304-06(Moyen Age)

La dame à la licorne Raphael 1505-06 (Renaissance)

L’atelier rouge Henri Matisse 1911 (Fauve)

La bande dessinée XX

histoiredesarts.culture.fr

« Pauvre petit garçon ! »                                                           

                                                                        Histoire des Arts

 

 

                                   « Enfants jouant à la guerre dans la rue à Montmartre, Paris, 1916 »

                                                                       (photo en N et B)

 La photographie, datée de 1916, sans nom d’auteur (peut-être Léon Grimpel [1873-1948]), appartient à la collection Albert Harlingue / Roger-Violet.
Objectif : lecture d’une image fixe (photographie en N et B) de 1916.
 Problématique : voir comment cette photographie sert le pouvoir par la vision qu’elle donne de la vie derrière les lignes, durant la Grande Guerre.

 

Lecture : description et interprétation

La scène : jeu et enjeu

Il s’agit d’un jeu dans lequel une bande d’enfants, des galopins en culottes courtes d’une dizaine d’années, joue à la guerre et simule une bataille. Cette prétendue scène de guerre se joue entre 2 camps, qui se font face.

Les forces sont inégalement réparties : la bataille est à 4 contre 3 : 4 défendent et 3 attaquent. Le groupe des 4,  de ¾ face, est mieux armé : 3 fusils et un pistolet – contre seulement 1 fusil et 2 épées pour le groupe des 3, de

¾ dos.

Plus loin, sur le trottoir, une petite fille se contente de regarder : elle n’est pas associée au jeu. La « guerre », l’affrontement physique, le corps à corps, en 1916, ce n’est pas l’affaire des filles ni des femmes… – elles remplacent dans les champs et les ateliers les hommes mobilisés, mais elles ne vont pas au feu.

« Mon père, ce héros… »

Une  photographie est par nature statique.

Cette photo suggère pourtant le dynamisme et le mouvement.

Le groupe d’enfants dessine globalement un cercle – ou plus exactement 2 demi-cercles qui se font face. Les garçons sont absorbés par « l’action » qui semble, pour eux, beaucoup plus qu’un jeu. Ils se jettent dans la bataille, le corps en avant. Tous se trouvent sur un large trottoir qui figure vraisemblablement une colline à l’assaut de laquelle se rue vaillamment le groupe des enfants vus de ¾ dos, pourtant inférieurs en nombre et en « armement », et que défendent pied à pied les enfants vus de ¾ face.

La photo est datée de 1916 : c’est évidemment l’actualité qui leur inspire cette bataille rangée. La 1ère guerre mondiale est commencée depuis 2 ans et personne ne se doute en 1916 qu’elle durera encore 2 ans… Les enfants reproduisent le combat de leurs pères.

1916 fut une année de batailles indécises et sanglantes ; ce fut notamment l’année de la Bataille de Verdun (de février à décembre). « Gigantesque bataille d’artillerie, mais aussi de sacrifice individuel, « Verdun », surnommée « l’enfer de Verdun », coûta 360 000 hommes aux Français et 335 000 aux Allemands ». [Petit Robert 2 – article « Verdun »]

L’œil du photographe

La légère plongée (du haut vers le bas) montre qu’il s’agit d’un adulte qui regarde ces enfants jouer. C’est à travers l’œil du photographe que nous découvrons la scène. Pourquoi  a-t-il choisi de fixer sur la pellicule argentique cette scène ? Regard amusé du photographe qui immortalise ce simulacre de bataille parce qu’il trouve rassurant que, malgré la guerre, les enfants jouent ?… C’est qu’à l’époque, tandis que la liste des « Morts pour la Patrie » s’allonge, la guerre piétine, sans espoir d’une victoire prochaine, et il convient d’entretenir le moral des Français loin du front. Les enfants jouent : tout va bien…

Une photo « datée »

Indépendamment de la date qui l’accompagne (1916) et du fait qu’elle soit en noir et blanc, la photo est implicitement datée.

Elle appartient à une autre époque par la rue pavée : toutes les rues de Paris sont, en 1916, encore pavées. Il ne reste aujourd’hui que quelques maigres vestiges de ces rues d’autrefois – c’est qu’en mai 1968, les pavés ont largement servi à l’édification de barricades ; aussi les politiques ont-ils jugé plus prudent de remplacer ces cubes de pierre, dans bon nombre des rues parisiennes, par un revêtement qu’on ne peut arracher et entasser.

La photo appartient à une autre époque surtout à cause des vêtements des enfants :

– culottes mi-longues,

– chaussettes bien tirées,

– chapeaux : canotier, béret…

De plus, on ne voit plus que rarement aujourd’hui des enfants « jouer à la guerre » dans la rue : les médias et les jeux électroniques les ont habitués à des scènes de violence plus sophistiquées, sur les écrans de TV ou d’ordinateur…

 Prolongement et rapprochement avec une autre œuvre : La photographie a été étudiée dans le cadre d’une séquence consacrée à une nouvelle de Dino Buzzati, « Pauvre petit garçon ! » (Le K – 1967) – nouvelle à chute, car il faut attendre et atteindre le dernier mot du texte pour comprendre que l’ « anti-héros » que ses camarades de jeu appellent par dérision « Laitue » n’est autre qu’Adolf Hitler enfant… : Dolfi est un petit garçon de cinq ans « maigrichon, souffreteux, blafard, presque vert, au point que ses camarades de jeu, pour se moquer de lui, l’appelaient Laitue. » Mais un jour, Dolfi vient au parc avec « un fusil tout neuf qui tirait même de petites cartouches, inoffensives bien sûr… » 

Claude Ledent

Cette photographie est en noir et blanc.  Les sujets sont en mouvement, en pleine action.  Ils bougent. C’est un  « instantané ». Le photographe doit avoir une grande présence d’esprit pour saisir artistiquement la scène notamment en englobant la fillette dans le champ (le cadre) de la photographie.

La photographie couleur en 1916 ne permettait pas de saisir les sujets en action. Le drapeau est flou = mouvement trop rapide pour permettre la netteté de ses contours.

Avant qu’elles ne soient directement prises en couleur, les photos étaient parfois peintes à la main directement sur le papier ou la plaque.

Les premières prises de vue en couleur datent de 1869.

Ce n’est qu’avec le procédé direct autochrome sur plaque des frères Lumière (utilisation de la fécule de pommes de terre) que la photo couleur se généralise à partir de 1910.

Mais la sensibilité reste très faible et nécessite plusieurs secondes de temps de pose. En couleur, cette image prise sur le vif aurait été floue. Par ailleurs, le format des plaques imposait encore un lourd appareillage.

Il faut attendre 1964 pour que la photographie couleur remplace la photo noir et blanc.

Le point de vue du photographe est en légère plongée offrant ainsi une image du point de vue des adultes mais pas seulement. Le photographe est dans la même direction que celle des attaquants dans cette bataille. C’est le point de vue de l’attaquant qu’il retranscrit dans sa photo mais avec un regard d’adulte, le point de vue d’un reporter de guerre. 

L’action est perpendiculaire au mur et le trottoir symbolise comme un « front » que les enfants vêtus de noir auraient franchi. Les lignes obliques du décor accentuent l’effet d’affrontement. (perpendiculaires).

La petite fille est réduite à un détail mais qui a son importance c’est la seule qui regarde dans la direction du photographe.

Il s’agit comme d’un dialogue muet entre le photographe et la fillette assistant à cette scène de guerre. Le contraste des postures des enfants avec la placidité de la jeune fille accentue la violence présente dans cette photographie.

 Le photographe dénonce-t-il les effets néfastes de la guerre dans l’esprit des enfants ? Ou alors, comme dit précédemment, montre-t-il une France jouant à la guerre dans le but de rassurer les esprits ?  Cette œuvre peut être rapprochée de celles de Kata Legrady: rapport guerre/enfance. Tres de Mayo de Goya également (composition).

Danièle Pérez

Fiche HDA

Publié: septembre 2, 2012 dans histoire des arts

Télécharger le document vierge ici:

modèle vierge HDA

Thématiques par niveau

Publié: août 21, 2012 dans histoire des arts

Vous les retrouverez dans le menu déroulant: catégories.

6ème: 

Les mythes du héros

Le repas

5ème

Les représentations de l’animal

Les répercussions des techniques sur les arts.

4ème:

Les arts et les techniques témoins de l’histoire

La figure de l’Autre: l’exotisme

3ème:

Les femmes dans les arts, les sciences et les techniques.

Les relations des arts au pouvoir.

Entrée

Publié: juin 18, 2012 dans histoire des arts

Bonjour à tous les élèves, aux enseignants et aux parents.

Vous trouverez dans ce blog toutes les ressources concernant l’histoire des arts du collège Fayard.

Bonne navigation.

L’équipe enseignante.

5ème, petite histoire du livre

Publié: juin 16, 2012 dans 5ème

Le livre est le résultat d’une série d’invention technologiques, esthétiques et mécaniques avec la conception de l’imprimerie.  L’écriture semble s’être élaborée entre le IXe et le IVe millénaire av. J.-C., d’abord sous la forme d’images qui ont donné par la suite les idéogrammes.

Le livre est lié à l’histoire de son support.  Les mots biblos et liber ont d’ailleurs pour premier sens « écorce intérieure d’un arbre ».

L’argile en tablettes a été utilisée puis le papyrus,

la soie en Chine,

mais aussi l’os, et le corps humain.

En Polynésie par exemple, avec le tatouage, le corps est considéré comme un livre vivant.

Les tablettes ont été remplacées par des volumina, rouleaux de papyrus, plus légers et plus faciles à transporter.

 

Ce sont les principaux supports de l’Antiquité, en Égypte, en Grèce et à Rome.

À la fin de l’Antiquité (entre les iie et ive siècles), le codex va remplacer le volumen. C’est la naissance du livre tel que nous le connaissons dans sa forme. On peut plus facilement retrouver un paragraphe que dans un rouleau ou volumen. La ponctuation apparaît également. La mise en page se complexifie avec les livres enluminés: décorés, illustrés.

Vers 1450, Gütemberg invente l’imprimerie qui permettra une plus large diffusion des idées et la reproduction en plusieurs exemplaires.

Les livres imprimés avant le 1er janvier 1501 sont appelés incunables.
Ici, un artiste contemporain, Zhang Huan, family trees modifie l’apparence de son visage en écrivant dessus des phrases issues de sa généalogie, des pensées, écrites par des calligraphes en une journée. Dans l’art contemporain, le corps est devenu un livre unique où l’artiste imprime son identité, son histoire, son vécu, ses idées. Un roman autobiographique vivant.

3ème, les femmes

Publié: juin 16, 2012 dans 3ème, histoire des arts, Les femmes

Vénus aux ongles rouges, Arman, 1967

Pourquoi Arman recouvre-t-il le buste de la Vénus avec des ongles rouges ?

Quel en est le message ?

Une serpillère sur la tête … Quelle image de la femme Arman donne-t-il dans cette sculpture ?

Vénus de Milo,vers 130-100 av. J.-C, La Vénus dite de Milo doit son nom à une petite île grecque (et aux ruines de son village Milos) où elle a été déterrée, apparaissant mutilée sans bras. Nombreuses tentatives ont été faites de reconstitution de ses membres mais sans succès.

Vénus est la déesse de l’amour, de la séduction et de la beauté dans la mythologie romaine. Elle est équivalente à la grecque Aphrodite.

Quelle est le portrait de cette déesse de 1967 qu’Arman nous livre ?

En 1967, le mouvement féministe en France s’organise afin de faire respecter les droits des femmes, moraux, sexuels, juridiques, économiques, symboliques, et l’égalité des sexes.

Le corps de la Vénus antique comme celle d’Arman décrit une spirale, cette posture est appelée en « contrapposto ».

Pourquoi cette posture est-elle appréciée par ces deux sculpteurs ?

Sondage sur la navigation

Publié: juin 16, 2012 dans histoire des arts

6ème, le héros

Publié: juin 10, 2012 dans 6ème

Quels sont les héros représentés dans cette installation ?

Quelle image donnent-ils d’eux ?

Batman a été créé en 1939 et Superman en 1932.

Quel âge auraient-ils aujourd’hui ?

Quel message l’artiste veut-il faire passer au sujet de nos super-héros ?

 

Voici une frise chronologique effectuée par l’Académie de Grenoble: Cliquez ici

cliquez ici.

Très utile et pratique.

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JM  FOLON, « Non à la peine de mort », 1978

TYPE de document : affiche (1978, soit trois ans avant 1981, date de l’abolition de la peine de mort     par F.Mitterrand).

THEME : la peine de mort et son abolition

THESE : il faut abolir la peine de mort

Problématique : cette affiche, qui marque un rapport conflictuel entre l’artiste et le pouvoir, use d’un certain nombre de procédés plastiques et visuels.   LESQUELS ?

EXPOSE :

Le style figuratif (on reconnaît l’image d’un magistrat) est volontairement schématique. C’est que l’école picturale retenue par l’auteur est l’école expressionniste. L’Expressionnisme est une forme d’art qui privilégie l’émotion sur la figuration réaliste.

L’arrière-plan d’abord. Un dégradé du sombre vers le rouge, allant de haut en bas, figure clairement la lumière d’un coucher de soleil. Le recours à la peine capitale est en effet symbolisé par un arrière-fond crépusculaire, extrêmement négatif : la peine de mort est une régression.

On reconnaît donc l’image d’un magistrat, notamment à son couvre-chef (qu’on appelle un « mortier »). L’image n’est pourtant pas figurative : elle rappelle de très près (forme du visage, colorisme crépusculaire) un tableau d’Edouard Munch, « Le cri ». La peine de mort est ainsi rapportée à une image de la folie, sujet du tableau de Munch.

Les yeux du « magistrat », exorbités, sont figurés par des cocardes (= insigne portant les couleurs nationales). Lesquelles dénotent que le besoin de tuer est chez lui une sorte d’idée fixe, abusivement assimilée à la morale républicaine bleu-blanc-rouge. Le nez, à peine figuré par deux tirets évoque un crâne, ainsi que l’écartement exagéré des yeux, lui-même monstrueux et peu réaliste.

La forme générale du visage, en entonnoir inversé, est marquée négativement. Elle évoque maigreur et maladie, ainsi qu’un dessèchement de la sensibilité propre à la folie. (En image publicitaire, le triangle pointé vers le bas, très négatif, est généralement banni). Seul le tein rose de la peau du personnage évoque la bonne santé physique, et non morale, santé sans doute conférée par l’abondance de bonne nourriture matérielle, apanage du bien-être de la bourgeoisie bien-pensante.

Enfin, la bouche, verticale, (au lieu d’être horizontale comme dans le monde physique réel) au schématisme rectangulaire, c’est-à-dire contraire à la nature ordinairement marquée par la ligne courbe, dénote la totale insensibilité du personnage, dénoncé comme le type même de l’inhumanité, jusqu’à la folie. La couleur choisie pour l’intérieur de la bouche, le blanc, c’est-à-dire l’impossibilité pour l’artiste de faire choix d’une couleur précise, dénonce le vide de la parole judiciaire, impossible à remplir, sinon par un silence qui signe la désolation.

Pour terminer : le procédé retenu pour la reproduction industrielle du document (procédé « offset ») montre la volonté de produire et reproduire facilement une oeuvre ayant valeur de message, et de mise en garde, destiné au plus grand nombre, à une époque encore très éloignée de 1981 (1978, soit trois ans avant).

 

Sébastien-Melchior CORNU, allégorie de la République.

TYPE D’OEUVRE : peinture. « Allégorie de la République » : esquisse de Sébastien-Melchior Cornu pour le concours décidé en 1848 par le ministère de l’Intérieur pour la figure symbolique de la République ( aujourd’hui au musée de Besançon ).

PROBLEMATIQUE : Une allégorie est  une image complexe qui délivre un message. Lequel ?On répondra en étudiant l’oeuvre d’un artiste qui fait l’éloge du pouvoir.  Ici le pouvoir de la République, oeuvre réalisée à la suite de la Révolution de 1848, qui marqua la chute du roi Louis XVIII.

EXPOSE :

Il s’agit d’une esquisse pour un concours, donc d’un éloge (=défense, louange) de la République, réalisé pour inspirer le respect.

La République tient dans sa main droite un document qui proclame la « Souveraineté du peuple », s’appuie de la main gauche sur le drapeau tricolore et prend place sur un trône sur lequel est inscrite la devise républicaine : « Liberté, Egalité, Fraternité « .

Son visage, représenté de face, très symétrique, est marqué par l’harmonie et la sérénité, sans que l’on sache vraiment, contrairement à Marianne, s’il s’agit du visage d’un homme ou d’une femme. C’est que la République est une institution qui transcende (=dépasse) toutes les différences.

Le pied droit et le bras droit, tous deux en avant, montrent la volonté exprimée par l' »allégorie » d’apparaître comme le symbole de la restauration d’un ordre juste. La main gauche, qui tient le drapeau, tient en même temps un rameau de laurier, symbole de la victoire (« Laurier d’Apollon », chez les Grecs, symbole de victoire). C’est que la République a repris ses droits sur la tyrannie par la lutte armée (Révolution de 1848). Les dissymétries qui apparaissent dans le corps au-dessous du visage (bras, jambes) montrent que la République n’en est pas moins un corps bien vivant dont toutes les parties sont unies et maîtrisées dans un ensemble harmonieux sans pour autant rester figées pour toujours.

Son bonnet rouge, son épée, sa palme de vainqueur couronné, et la dominante rouge de sa robe permettent de la classer nettement dans le camp du « mouvement » (= le progrès, la « gauche » aujourd’hui).

L’artiste ajoute, sur la base de sa figure statufiée, un bas-relief qui illustre la leçon de morale républicaine : deux citoyens tendent leurs bras vers le bonnet de la liberté, unissent leurs mains au-dessous de la balance de la Justice, signe d’égalité et, enfin, se serrent les mains dans un élan fraternel.

Ici, l’abondance de symboles positifs marquent l’attachement de l’artiste pour le régime politique restauré (la République) qu’il a mission de défendre et d’illustrer.

Voici le début du diaporama que vous pourrez télécharger ici: Histoire des Arts-Staline – Copie

HISTOIRE DES ARTS

Affiche de propagande du 17 ème congrès du parti communiste en 1934.
En 1934 une affiche est éditée pour le 17ème congrès du Parti Communiste d’ HYPERLINK « http://geohistech.free.fr/Staline/2_URSS_1.html » t « _blank » URSS. Elle est imprimée assez simplement avec deux couleurs : le noir et le rouge.
Ses élèments principaux renvoient à des évènements qui se sont déroulés en Russie durant ces dix-sept années.
Ils sont présentés selon la volonté du commanditaire  l’affiche: Staline. C’est une affiche qui sert le pouvoir totalitaire de Staline
On peut décomposer l’affiche en 7 sous-parties.
Trois éléments composent cette partie de l’affiche:

INCLUDEPICTURE « http://geohistech.free.fr/Staline/Affiche_1_17-34.jpg » * MERGEFORMATINET
« 1917-1934 
Plus haut l’étendard de Lénine qui nous donne la victoire ! »
Interprétation: 1917: Date de la Révolution Bolchévik et 1934 date du 17ème congrès. L’idée de Staline est de montrer  que son action est dans la continuité de celle  Lénine.

INCLUDEPICTURE « http://geohistech.free.fr/Staline/Affiche_1_toutlePouv.jpg » * MERGEFORMATINET
« Tout le pouvoir aux soviets »
INCLUDEPICTURE « http://geohistech.free.fr/Staline/Affiche_manif_1.jpg » * MERGEFORMATINET
« Vive l’invincible parti de Lénine ! »
INCLUDEPICTURE « http://geohistech.free.fr/Staline/Affiche_manif_2jpg.jpg » * MERGEFORMATINET
« Vive le grand guide de la révolution  prolétarienne mondiale, le camarade Staline! »
INCLUDEPICTURE « http://geohistech.free.fr/Staline/Auteur.jpg » * MERGEFORMATINET
en bas, à droite, le nom de l’auteur de l’affiche

Les slogans de la Foule:  « Vive l’invincible parti de Lénine. »
« Vive le grand guide de la révolution prolétarienne mondiale, le camarade Staline! »
Interprétation: La foule est placée en dessous de Staline signifie qu’elle apporte un soutien massif à Staline.

Les emblèmes et le drapeau de l’URSS.

CONTEXTE HISTORIQUE ET INTERPRETATION.

C’est une affiche de propagande dont le commanditaire est Staline.
Au pouvoir depuis 1928, il impose un régime totalitaire à l’ URSS, fondé sur:
– la limitation des libertés.
– la terreur et la répression.
– une absence d’élection libre.
– l’arrestation et la déportation des opposants politique.
– le contrôle de la presse et des moyens de communication.
Dans le domaine économique, il entraîne le pays vers une modernisation à marche forcée:
Pour convaincre les soviétiques il utilise des affiches de propagande. Ici,
– il se montre le vrai successeur de Lénine.
– il fait croire qu’il reçoit tout le soutien de la population pour ses actions.
Sa position et ses vêtements lui donnent un air de capitaine de bateau  sûr de lui et du chemin à parcourir (« le timonier »)

Plusieurs moyens sont utilisés pour la propagande stalinienne : films, statues, poèmes …

Ô Grand Staline, ô chef des peuples, 


Toi qui fais naître l’homme 


Toi qui fécondes la terre


Toi qui rajeunis les siècles 


Toi qui fais fleurir le printemps 


Toi qui fait vibrer les cordes musicales 


Tu es la fleur de mon printemps 


Un soleil reflété par des millions de cœurs humains.
Rashimov, poème publié dans la Pravda, 28 août 1936

Biographie de Staline :
Fils d’un cordonnier géorgien, déporté à plusieurs reprises pour activités révolutionnaires au début du siècle, il est libéré en mars 1917 et devient le directeur de la Pravda (unique journal de l’URSS)
Il devient Secrétaire général du parti communiste en 1922, et il occupe ce poste jusqu’à sa mort en 1953.
Durant les années 30, il entreprend de profondes réformes du système économique par la planification, la collectivisation des campagnes et l’industrialisation du pays.
Pour imposer sa politique, il met en place une dictature politique en favorisant le culte de la personnalité, en utilisant la propagande, la terreur et en pratiquant des purges dans le parti (1936 à 1938).

Le commanditaire de l’affiche:
Staline est au pouvoir depuis 1928.
Il  a succédé à Lénine.
Ici il se montre au dessus du peuple , comme s’il était soutenu par soviétiques.
Il a l’air serein et donne l’impression de regarder vers l’avenir (le chemin que montre Lénine).
Il a entrepris une modenisation à marche forcée de l’URSS avec ses plans quinquennaux dans le domaine de l’industrie (arrière plan de l’affiche)

Voici un extrait du diaporama de Monsieur Kovacs. Les autres oeuvres étudiées sont visibles en téléchargeant le diaporama complet en fin de page ou ici en rouge: HDA 3

La suite du diaporama:

HDA 3

Napalm

Banksy

 

 

 

Problématique et analyse : Dénoncer ou servir le pouvoir ?Banksy est un artiste anonyme qui dans ses œuvres dénonce des faits politiques et sociaux. Il veut perturber le public avec des images choc en général contre les guerres. 

Date de création et contexte historique :

Napalm, est une œuvre créée en 1994 par Banksy.  Elle est inspirée par la photographie du journaliste américain Nick Ut prise le 8 juin 1972, lors d’un reportage au Vietnam.

 

HYPERLINK « http://s2.e-monsite.com/2009/11/22/07/resize_550_550/2683722180_small_1.jpg »

Date de création et contexte historique :

Cette photographie est prise sur la route, menant au village de Tran Bang où un bombardement au Napalm a fait plusieurs victimes.

Kim Phuc, une petite Vietnamienne de 9 ans brûlée par le napalm, s’est débarrassée de ses vêtements. Comme les autres personnes brûlées, elle crie atrocement. Nick Ut transporte Kim Phuc  vers un hôpital. Après 14 mois de soins et 17 opérations chirurgicales, s’en est sorti. Elle vit maintenant au Canada avec ses 2 enfants.

Contexte historique : De 1960 à 1975 les Etats-Unis interviennent au Vietnam dans le cadre de la Guerre froide. Au début, ils apportent une aide matériel aux vietnamiens du Sud contre les Vietnamiens du Nord soutenus par l’URSS et la Chine (Bloc de l’Ouest contre Bloc de l’Est). Cette guerre se termine, pour la première fois, par une défaite des Etats-Unis et l’unification du Vietnam.

Cette guerre est impopulaire aux Etats-Unis, notamment par les bombardements des populations civiles (des femmes, des enfants …). Ainsi, les populations découvrent les atrocités à travers les reportages comme celui de Nick Ut.

Auteur :Né en 1974, Banksy est un artiste mythique de la scène du graffiti qui est anonyme et qui signe toutes ses œuvres avec un pseudonyme.Il est l’auteur d’un manifeste publié sur son site internet. Banksy serait un artiste du HYPERLINK « http://www.banksy-art.com/street-art.html »Street art (HYPERLINK « http://www.le-graffiti.com/ »Graffiti) originaire de Bristol, en Angleterre. Son art est un mélange d’ironie, d’irrévérence, d’humour et comporte très souvent des messages très clairs comme ses interventions entre Israël et la Palestine. Il est pour la liberté, pour la justice, contre la guerre, la famine et tous les fléaux causés par l’homme.

 

Interprétation de l’œuvre :L’œuvre de Banksy représente la fameuse photo de la jeune vietnamienne qui vient tout juste d’être brûlée au Napalm. Son village a été bombardé par des avions américains.

Aussi, Banksy  a réalisé un montage en faisant accompagner le personnage central, Kim Phuc, par Ronald  de McDonald et Mickey Mouse.

Mickey Mouse et McDonald sont perçus à travers le monde comme les symboles des Etats-Unis et la réussite du système économique (le capitalisme) des Etats-Unis et son expansion à travers le monde.

Pendant la Guerre froide deux blocs s’opposent et deux systèmes, le capitalisme (bloc de l’Ouest) et le communisme  (bloc de l’Est) s’opposent. Le montage montre que les Etats-Unis utilisent la guerre pour imposer leur système, même contre les peuples (bombardement des villages).

pendant la guerre froide. C’est l’enjeu de cette guerre au Vietnam qui oppose le Vietnam du Sud soutenu par les Etats-Unis et le Vietnam du Nord soutenu par l’URSS.

Ces deux personnages symbolisent également l’intervention des Etats-Unis dans cette guerre pour des enjeux économiques et politiques

Ils dégagent aussi une image attrayante et sympathique (l’ambassadeur de Walt Disney, vendeur de rêve & le Clown du Fast-food, le restaurant pour toutes les classes sociales) en contraste avec le cri d’horreur de la jeune fille brûlée.

 

Rapport à la problématique :Œuvre qui dénonce l’intervention des Etats-Unis au Vietnam entre 1960 et 1975 et les bombardements au napalm des populations civiles. 
Vocabulaire spécifique :Contraste 
Prolongement et rapprochement avec d’autres œuvres artistiques :S’est inspiré d’Ernest Pignon-Ernest artiste travaillant in situ (sur le site, en créant une relation avec le décor, l’espace environnant). 
Autre : Sources site internet Banksyhttp://www.banksy-art.com/art-banksy.html

Ici Banksy représente la colombe de la paix avec un gilet pare-balles. Une cible peinte en rouge est représentée sur son ventre. On peut rapprocher cette colombe de celle peinte par Picasso dans Guernica, poignardée avec un couteau.

Paul Eluard – Liberté

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nomSur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nomSur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désirs
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté.

L’auteur et le contexte de l’œuvre

 

Paul Eluard (pseudonyme de Paul-Eugène Grindel) est un poète français né à Paris en 1895, il arrête ses études à l’âge de 16 ans et ses premiers poèmes, inspirés par la femme qu’il aime, Gala, paraissent en 1913. Il rejoint le mouvement surréaliste dont la poésie a pour but de retranscrire la parole enfouie au fond de l’inconscient, du rêve et du désir.

Eluard ne sera pas épargné par la guerre, il en connaîtra l’horreur, comme infirmier lors de la première guerre mondiale et sera même gazé. Il s’orientera alors vers un militantisme actif où prône la solidarité humaine : lutte contre le fascisme, adhésion au parti communiste en 1942. Il devient un des grands poètes de la Résistance. Il mourra en 1952.

Le poème « Liberté » est représentatif de l’engagement d’Eluard contre la guerre et l’oppression. Il appartient au recueil Poésie et Vérité,  publié clandestinement en 1942 et qui contient de nombreux poèmes d’espoir et de lutte. Le poème « Liberté » a même été parachuté par les avions anglais au-dessus des maquis.

Problématique : comment, à travers ce message d’espoir qu’est le poème « Liberté », Paul Eluard s’engage-t-il contre le pouvoir en place ?

I- Situation d’énonciation et structure du poème

 

ñ Dans ce poème le poète (« je ») s’adresse à la Liberté (« ton nom ») mais on ne le découvre qu’à la fin du texte. On a donc d’abord l’impression qu’il s’adresse à une personne réelle, la Liberté est alors allégorisée (à l’origine, Eluard avait d’ailleurs écrit le texte pour la femme qu’il aimait).

ñ Le poème est composé de 14 quatrains dont 13 sont construits sur le même modèle : 3 heptamètres avec l’anaphore de « sur » et un tétramètre « J’écris ton nom » répété à la fin de chaque quatrain, comme un refrain. Ces anaphores et ces répétitions créent un effet de litanie, le poème devient  une sorte de prière sacrée et surtout il est plus facilement mémorisable, permettant ainsi une diffusion plus facile au sein de la Résistance et détournant ainsi la censure nazie.

ñ Le dernier quatrain conclut le poème et dévoile à qui le poète s’adresse. Le mot « Liberté » est détaché à la fin du poème, il est ainsi mis en valeur et apparaît comme une valeur suprême.

II – La poésie des images et le pouvoir des mots

 

ñ Ce poème s’inscrit dans le mouvement surréaliste, il fait donc appel à de nombreuses images qui associent des mots qui n’ont pas de lien logique entre eux (« Sur l’étang soleil moisi », « Sur tous mes chiffons d’azur » etc). Ces images sont présentées sous la forme d’une énumération soutenue par l’anaphore du mot « sur », mais sans ponctuation, c’est une autre caractéristique de l’écriture surréaliste.

ñ Cette énumération d’images montre la multitude des supports sur lesquels le poète peut écrire le mot « Liberté ». Des supports concrets  comme des objets, la nature, des parties du corps (« cahier d’écolier », « Sur la jungle et le désert »), ou abstraits comme les sentiments (« Sur l’absence sans désirs »). Le poète veut ainsi montrer aux Résistants que même si leur pays est occupé par l’ennemi, la Liberté est présente partout, elle surpasse tout, même les choses négatives comme la solitude, le désespoir et la mort (« Sur la solitude nue / Sur les marches de la mort »).

ñ Le poète a donc pour mission de délivrer un message d’espoir, en montrant, grâce à sa poésie et au pouvoir de la parole poétique, que la Liberté est bien là, il invite les Résistants à poursuivre la lutte, c’est ce que résume le dernier quatrain.

Le chant des partisans
Paroles de Maurice Druon et Joseph Kessel
 Musique de Anna Marly

Ami entends-tu

Le vol noir des corbeaux

Sur nos plaines.

Ami entends-tu

Les cris sourds du pays

Qu’on enchaîne,

Ohé partisans

Ouvriers et paysans

C’est l’alarme!

Ce soir l’ennemi

Connaîtra le prix du sang

Et des larmes…

Montez de la mine,

Descendez des collines,

Camarades.

Sortez de la paille

Les fusils, la mitraille,

Les grenades.

Ohé! les tueurs

A la balle et au couteau

Tuez vite!

Ohé! saboteurs

Attention à ton fardeau…

Dynamite…

C’est nous qui brisons

Les barreaux des prisons

Pour nos frères.

La haine à nos trousses

Et la faim qui nous pousse,

La misère.

Il y a des pays

Où les gens au creux des lits

Font des rêves.

Ici, nous vois-tu

Nous on marche et nous on tue

Nous on crève…

Ici, chacun sait

Ce qu’il veut, ce qu’il fait

Quand il passe

Ami, si tu tombes,

Un ami sort de l’ombre

A ta place.

Demain du sang noir

Séchera au grand soleil

Sur les routes.

Chantez compagnons,

Dans la nuit, la liberté

Nous écoute…

Ami, entends-tu

Les cris sourds du pays qu’on

Enchaîne!…

Ami, entends-tu

Le vol noir des corbeaux sur nos

Plaines !…

Quelques informations :

Le Chant des partisans est l’hymne de la Résistance Française (et même européenne) durant l’occupation allemande, pendant la Seconde Guerre Mondiale. « La Marseillaise de la Résistance », fut créé en 1943 à Londres. 

    A Londres, où se retrouvent de nombreux responsables de la Résistance, tels que Fernand Grenier, Emmanuel d’Astier de la Vigerie dit « Bernard », on souhaite créer un chant de la Résistance. « On ne gagne la guerre qu’avec des chansons… Il faut un chant qui ait l’air de venir des maquis », dit Emmanuel d’Astier de la Vigerie. Plus qu’un chant des maquis, il deviendra un appel à la lutte fraternelle pour la liberté.

    L’idée et l’ébauche de la mélodie du Chant des Partisans sont de la chanteuse et compositrice Anna Marly qui le créa au début de l’année 1943. Joseph Kessel et son neveu, Maurice Druon, tous deux hommes de droite et tous deux futurs académiciens, en remanièrent les paroles le 30 mai, et c’est la sœur de Jean Sablon, Germaine, qui l’amena à sa forme finale et en fit un succès.

    Largué par la Royal Air Force sur la France occupée, et écouté clandestinement, ce succès se répandit immédiatement tant en France qu’ailleurs dans les milieux de la Résistance. Chanté à voix basse, sifflé sourdement, le Chant des Partisans évoque la chape de plomb qui s’est abattue sur le pays occupé, la censure, les souffles et murmures de la clandestinité, la nuit où des ombres furtives collent des affiches, sabotent les voies ferrées, se glissent dans les maquis, se cachent loin des poteaux d’exécutions . Mais l’âpreté des paroles en dit long sur la lutte implacable des maquisards et des combattants de l’ombre, sur le nécessaire recours aux armes, sur les risques de chaque minute. Hymne de la Résistance, « Le Chant des Partisans » est aussi un appel à la lutte fraternelle pour la liberté : « C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères ; la certitude que le combat n’est jamais vain « si tu tombes, un ami sort de l’ombre ». Et si la fin de ce chant semble absorbée par la nuit et se perdre, c’est que la nuit est l’heure de tous les rêves, à commencer par le rêve d’une liberté à conquérir éternellement.
Le succès de cette chanson se prolongea dans de nombreuses interprétations ultérieures dont celle d’Yves Montand est la plus célèbre. Ce chant de la fraternité est repris jusqu’à aujourd’hui. Outre Germaine Sablon, Armand Mestral, Marc Ogeret, Yves Montand, Jean Ferrat, Johnny Hallyday et Jean-Louis Murat ont interprété cette chanson que le groupe Zebda a également adaptée sous le nom de Motivés. La génération des 20-30 ans se le réapproprie, sur un rythme au goût du jour, sans pour autant en changer un seul mot, dans son combat contre la xénophobie…Ce n’est pas un hasard : « ami, entends-tu…  » est un chant de fraternité, de combat contre les forces de la nuit, un appel intemporel à résister . La Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes tient donc à ce que son histoire soit connue.

Des Liens :

http://jlhuss.blog.lemonde.fr/2009/04/15/le-chant-des-partisans/
http://collegedeconinck.fr/spip/spip.php?article456


http://french-chanson.narod.ru/chant.html
http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20090415.OBS3385/le-chant-des-partisans-par-yves-montand-anna-marly-zebda.html

La Rose et le Réséda
Louis Aragon

Explication :

Pour le titre du poème, « La Rose et le Réséda », il autorise la lecture politique et religieuse du texte. La rose est le symbole du socialisme, et sa couleur rouge évoque irrésistiblement les communistes (dont Aragon fait partie). Le réséda, quant à lui, est la fleur qui représente la droite politique, notamment à travers sa couleur blanche qui est à la fois la couleur de la monarchie française et des catholiques. Au cœur de l’année 1943, la France est presque à terre puisque militairement et moralement défaite par les Allemands – et occupée –, la conjonction de coordination « et » joue pleinement son rôle dans ce titre. Il s’agit d’unir toutes les forces de la nation, les communistes autant que les chrétiens, la gauche et la droite, pour lutter contre l’envahisseur et se libérer de la tyrannie.

C‘est l’histoire de deux résistants (l’un chrétien, l’autre athée) que les envahisseurs font prisonniers (v. 17). Ils sont fusillés le lendemain matin de leur arrestation, « quand vient l’aube cruelle » (v. 21). Deux vers qui reviennent sans cesse comme un refrain (« Celui qui croyait au ciel / Celui qui n’y croyait pas »), une histoire de « belle / Prisonnière » qu’il faut libérer, des mots qui sonnent comme des comptines, proverbes ou extraits de contes populaires… ce poème paraît bien léger.
Pourtant il célèbre le courage des hommes qui réussirent à dépasser leurs petites convictions personnelles de religion et de politique afin d’oeuvrer ensemble pour une noble cause : la libération de la France pendant l’Occupation durant la seconde guerre mondiale. Communistes et catholiques se retrouvèrent en effet pour combattre, pour souffrir et pour mourir ensemble dans l’espoir de jours meilleurs. Louis Aragon leur rend ici un hommage dans ce poème écrit en 1943 alors que lui-même était communiste et clandestin.
Ainsi la « rose », c’est le rouge qui symbolise le communiste anticlérical, celui qui ne croit pas au ciel, c’est-à-dire à Dieu. Le « réséda » est au contraire la couleur blanche qui représente la noblesse.
Ce poème fut publié une première fois en 1943 puis de nouveau en 1944, cette fois avec la dédicace suivante : « A Gabriel Péri et d’Estienne d’Orves comme à Guy Môquet et Gilbert Dru ». Quatre hommes. Deux communistes et deux catholiques. Tous des résistants, tous morts fusillés par les Allemands.  Ces quatre hommes symbolisent l’union des différences et la lutte pour un idéal commun, au-delà des convictions politiques ou religieuses.
Gabriel Péri était député communiste. Il fut fusillé en décembre 1941. Honoré d’Estienne d’Orves était officier de marine et catholique convaincu. Résistant, il fut fusillé en août 1941. Guy Môquet était le fils d’un député communiste. Agé de 17 ans, il fut fusillé en octobre 1941. Gilbert Dru était un résistant lui aussi, et catholique fervent. Il fut fusillé en juillet 1944. Il avait vingt-quatre ans.

Appel au rassemblement pour la liberté, hommage aux résistants emprisonnés et tombés pour la France, ce poème très célèbre est porteur aussi d’espoir : celui de retrouver un jour la joie dans les foyers.
Aragon :
Louis Aragon est né en 1897 et est mort en 1982. Au moment d’écrire ce poème, en 1943, il était donc âgé de 46 ans. Auparavant, il avait déjà combattu pendant la première guerre mondiale. Par conséquent, il connaît bien les horreurs de la guerre comme la solidarité entre soldats. En 1918, âgé de 22 ans, il participa à la création du mouvement surréaliste avec André Breton. Il s’affirma alors comme poète puis s’engagea dans des convictions politiques communistes. Pendant l’Occupation, il devint un poète de la résistance et fut contraint de vivre dans la clandestinité. Publiant sous divers pseudonymes (François La Colère, Arnaud de Saint-Roman), il n’hésita pas alors à revenir à une poésie plus traditionnelle et rimée, s’éloignant de ses recherches stylistiques de sa période surréaliste, afin de délivrer un message fort, facilement compréhensible. En parallèle, il continua aussi d’écrire une poésie lyrique amoureuse pour la femme de sa vie : Elsa Triolet. C’est d’ailleurs ensemble que Louis Aragon et Elsa Triolet constituèrent le Comité National des Ecrivains pour la zone Sud en 1943.

Des Liens :

http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/AFE01000681/la-rose-et-le-reseda.fr.html
La Rose et le réséda

A Gabriel Péri et d’Estiennes d’Orves
comme à Guy Moquet et Gilbert Dru
Celui qui croyait au ciel

Celui qui n’y croyait pas

Tous deux adoraient la belle 
Prisonnière des soldats

Lequel montait à l’échelle

Et lequel guettait en bas

Celui qui croyait au ciel

Celui qui n’y croyait pas

Qu’importe comment s’appelle 
Cette clarté sur leur pas

Que l’un fut de la chapelle

Et l’autre s’y dérobât

Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n’y croyait pas

Tous les deux étaient fidèles

Des lèvres du coeur des bras

Et tous les deux disaient qu’elle

Vive et qui vivra verra

Celui qui croyait au ciel

Celui qui n’y croyait pas

Quand les blés sont sous la grêle

Fou qui fait le délicat

Fou qui songe à ses querelles

Au coeur du commun combat

Celui qui croyait au ciel

Celui qui n’y croyait pas

Du haut de la citadelle

La sentinelle tira

Par deux fois et l’un chancelle

L’autre tombe qui mourra

Celui qui croyait au ciel

Celui qui n’y croyait pas

Ils sont en prison

Lequel 
A le plus triste grabat

Lequel plus que l’autre gèle

Lequel préfère les rats

Celui qui croyait au ciel

Celui qui n’y croyait pas

Un rebelle est un rebelle

Deux sanglots font un seul glas

Et quand vient l’aube cruelle

Passent de vie à trépas

Celui qui croyait au ciel

Celui qui n’y croyait pas

Répétant le nom de celle

Qu’aucun des deux ne trompa

Et leur sang rouge ruisselle

Même couleur même éclat

Celui qui croyait au ciel

Celui qui n’y croyait pas

Il coule il coule il se mêle

À la terre qu’il aima

Pour qu’à la saison nouvelle

Mûrisse un raisin muscat

Celui qui croyait au ciel

Celui qui n’y croyait pas

L’un court et l’autre a des ailes

De Bretagne ou du Jura

Et framboise ou mirabelle

Le grillon rechantera

Dites flûte ou violoncelle

Le double amour qui brûla

L’alouette et l’hirondelle

La rose et le réséda

 

Oeuvres:
– Autoportrait en soldat, Otto Dix, 1914, huile sur papier, recto verso, 68 x 53,5 cm, Galerie municipale, Stuttgart
– Autoportrait en casque d’artilleur, Otto Dix, 1914, hule sur papier, recto verso, 68 x 53,5 cm, Galerie municipale, Stuttgart
Problématique: comment ces deux autoportraits d’Otto Dix dénoncent-ils la guerre ?
Présentation des oeuvres et contexte: Ces deux autoportraits sont réalisés sur la même feuille: l’autoportrait en soldat sur le recto, l’autoportrait en casque d’artilleur sur le verso, alors que Dix vient à peine de s’engager dans l’armée, ces toiles montrent déjà la violence de la guerre qu’il soupçonne et qu’il dénoncera plus vivement et plus tard dans le reste de son œuvre. Quelle que soit sa condition dans l’armée, simple soldat ou gradé, Otto Dix en donne une vision négative.
Ces deux autoportraits s’inscrivent dans le mouvement de l’expressionnisme, mouvement artistique apparu au début du XXème siècle en Europe et plus particulièrement en Allemagne : les expressionnistes cherchent à déformer la réalité afin de créer une émotion réactionnelle forte chez le spectateur en représentant des visions angoissantes, déformantes, à travers des formes très agressives (violence des couleurs, traits acérés): l’expressionnisme est le reflet d’une conception pessimiste de la vie, suite à la 1ère guerre mondiale.

Analyse des oeuvres:

Quelle que soit sa condition dans l’armée, simple soldat ou gradé, Otto Dix en donne une vision négative

Le thème de la guerre ressort immédiatement avec le chiffre 14 (1914) sur le premier autoportrait. Les couleurs dominantes sont le rouge et le noir, couleurs de la mort, du sang, de la violence. Les coups de pinceaux comme les traits du personnage sont à la fois acérés (angles) grossiers, épais et symbolisent eux aussi la violence, la sauvagerie.

Dans l’autoportrait en capitaine, l’or du casque, des boutons et des épaulettes attirent en premiers le regard du spectateur, le regard disparaît en partie sous le casque, le visage disparaît derrière le costume. Mais l’or fait aussi ressortir d’autant plus le fond noir qui forme comme une auréole autour du peintre, comme un présage funeste. Le peintre se représente en plan rapproché et de trois quart, le regard du spectateur est attiré par le regard fuyant, inquiet, méfiant du peintre transformé par la guerre en bête apeurée et sauvage.

RENAUD – « Déserteur »

Monsieur le président
Je vous fais une bafouille
Que vous lirez sûrement
Si vous avez des couilles
Je viens de recevoir
Un coup d’fil de mes vieux
Pour m’prévenir qu’les gendarmes
S’étaient pointés chez eux
J’ose pas imaginer
C’que leur a dit mon père
Lui, les flics, les curés
Et pis les militaires
Les a vraiment dans l’nez
P’t-être encore plus que moi
Dès qu’il peut en bouffer
L’vieil anar’ y s’gêne pas
L’vieil anar’ y s’gêne pas

Alors y parait qu’on m’cherche
Qu’la France a besoin d’moi
C’est con, j’suis en Ardèche
Y fait beau, tu crois pas
J’suis là avec des potes
Des écolos marrants
On a une vieille bicoque
On la retape tranquillement
On fait pousser des chèvres
On fabrique des bijoux
On peut pas dire qu’on s’crève
L’travail, c’est pas pour nous
On a des plantations
Pas énormes, trois hectares
D’une herbe qui rend moins con
Non, c’est pas du ricard
Non, c’est pas du ricard

Monsieur le président
Je suis un déserteur
De ton armée de glands
De ton troupeau d’branleurs
Ils auront pas ma peau
Toucheront pas à mes cheveux
J’saluerai pas l’drapeau
J’marcherai pas comme les bœufs
J’irai pas en Allemagne
Faire le con pendant douze mois
Dans une caserne infâme
Avec des plus cons qu’moi
J’aime pas recevoir des ordres
J’aime pas me lever tôt
J’aime pas **************
Plus souvent qu’il ne faut
Plus souvent qu’il ne faut

Puis surtout c’qui m’déplait
C’est que j’aime pas la guerre
Et qui c’est qui la fait
Ben c’est les militaires

Ils sont nuls, ils sont moches
Et pis ils sont teigneux
Maintenant j’vais t’dire pourquoi
J’veux jamais être comme eux
Quand les Russes, les Ricains
Feront péter la planète
Moi, j’aurais l’air malin
Avec ma bicyclette
Mon pantalon trop court
Mon fusil, mon calot
Ma ration d’topinambour
Et ma ligne Maginot
Et ma ligne Maginot

Alors me gonfle pas
Ni moi, ni tous mes potes
Je serai jamais soldat
J’aime pas les bruits de bottes
T’as plus qu’a pas t’en faire
Et construire tranquilos
Tes centrales nucléaire
Tes sous-marins craignos
Mais va pas t’imaginer
Monsieur le président
Que j’suis manipulé
Par les rouges ou les blancs
Je n’suis qu’un militant
Du parti des oiseaux
Des baleines, des enfants
De la terre et de l’eau
De la terre et de l’eau

Monsieur le président
Pour finir ma bafouille
J’voulais t’dire simplement
Ce soir on fait des nouilles
A la ferme c’est l’panard
Si tu veux, viens bouffer
On fumera un pétard
Et on pourra causer
On fumera un pétard
Et on pourra causer

http://www.dailymotion.com/video/x4c5nk_renaud-deserteur_music

La chanson de Renaud peut-être étudiée seule ou en comparaison avec celle de Boris Vian (« Le Déserteur »), comme nous l’avons fait en classe.

 

 

L’auteur et le contexte

 

Renaud Séchan, dit Renaud, est un auteur, compositeur et chanteur français. Il est né à Paris en 1952. Il s’est très vite fâché avec l’école, c’était un élève indiscipliné, refusant l’autorité. Son père était lui-même un anarchiste et il lui avait inculqué la méfiance envers les forces de police, les militaires et l’ordre en général. Cela ressort bien de la chanson « Déserteur ». Renaud a notamment participé à mai 68 et a occupé la Sorbonne avec d’autres étudiants.  Il sort son premier album en 1975, celui-ci est empreint des idées révolutionnaires de 68 et le jeune chanteur y exprime son raz-le-bol de la société, à travers le verlan qui est son signe de fabrique; il devient le porte-parole de la jeunesse. Ce qui ne plaît pas à tout le monde …

« Déserteur » est enregistré sur l’album « Morgane de toi » qui est sorti en 1983, François Mitterand est alors Président de la République et la Guerre Froide fait trembler le monde.

 

Problématique : comment Renaud, à travers sa chanson, en refusant de s’engager dans l’armée, s’engage-t-il contre l’État Français et le monde militaire?

 

I – La situation d’énonciation et la forme du texte

 

ñ La chanson de Renaud a la forme d’une lettre ouverte : le chanteur s’adresse à « Monsieur le Président », c’est-à-dire au Président de la République. Il s’adresse à lui d’abord à travers le pronom « vous », puis utilise ensuite le tutoiement, ce qui montre le côté provocateur et irrespectueux du chanteur qui finit, dans la dernière strophe, par s’adresser au Président comme si c’était un « pote » de sa bande, l’invitant à manger des « nouilles » et à fumer un « pétard ».

ñ Le début de la chanson de Renaud s’inspire de celle de Boris Vian « Le Déserteur » à qui il rend hommage. Renaud reprend les premiers vers de texte de Vian mais dans un langage beaucoup plus familier, voire vulgaire, toujours avec cette volonté de provoquer et de s’opposer à l’autorité, mais aussi peut-être, pour toucher un public plus large et parler davantage aux jeunes.

ñ La chanson est composée de 6 strophes, 5 de 17 vers et 1 de 10 vers, les vers sont majoritairement des hexamètres et les rimes sont croisées. Chaque dernier vers des strophes est répété, ce qui sert de refrain, car il n’ y en a pas de véritable. Le rythme de la chanson est lent et permet de développer longuement l’objet de la lettre : le chanteur annonce qu’il refuse de s’engager dans l’armée.

 

II – Le refus de s’engager dans l’armée : un engagement.

 

ñ A travers son refus de s’engager dans l’armée, Renaud critique le service militaire dans la strophe 3. Il argumente en décrivant les conditions du service : il ne veut pas vivre dans « une caserne infâme », il n’aime pas « se lever tôt », « recevoir des ordres », le service dure trop longtemps « douze mois » et l’éloignerai de chez lui (« J’irai pas en Allemagne »). Son refus est souligné par l’utilisation répétée de la négation («  J’saluerai pas l’drapeau / J’marcherai pas comme les bœufs/ J’irai pas en Allemagne »)

ñ Renaud donne aussi une image négative des militaires, il utilise de nombreux termes familiers et argotiques, très péjoratifs, pour les désigner (« glands », « branleurs »), il énumère  leurs défauts dans la strophe 4 (« Ils sont nuls, ils sont moches
Et pis ils sont teigneux »). Dans cette même strophe, il les accuse d’être responsables des guerres et souligne notamment leur rôle dans la Guerre Froide qui, si elle ne cesse pas, détruira la planète sans que rien ne puisse y résister, comme le souligne la référence à la « ligne Maginot ».

ñ Enfin, dans la strophe suivante, toujours dans le contexte de la guerre froide, Renaud critique la course à l’armement nucléaire. Il y oppose une démarche écologiste à travers  l’énumération de termes appartenant au champ lexical de la nature («  Je n’suis qu’un militant / Du parti des oiseaux /Des baleines, des enfants/ De la terre et de l’eau
De la terre et de l’eau »).

ñ Renaud prône donc un idéal de vie pacifiste à l’opposé du caractère belliqueux des militaires : dans la strophe 2, il avoue avoir déserté pour vivre avec des amis écologistes  en Ardèche où l’on travaille peut, où l’on se contente de vivre de ce que l’on cultive, comme des hippies.

 

 

 

 

La Demeure du Chaos, Ehrman

Oeuvre qui conteste le pouvoir notamment  les règles et les lois concernant l’urbanisme.

La Demeure du chaos est indéniablement une œuvre d’art. Construite sans autorisation de la commune dans un petit village du département du Rhône, à Saint Romain au Mont d’Or, elle a choqué les habitants qui ont mené des actions de justice pour obtenir sa destruction.

L’artiste est-il au dessus-des lois ? Quel doit être le rôle de l’Etat de la justice protecteurs des arts ?

Parfois la nécessité de l’art exige l’ignorance des lois, leur transgression afin de permettre à l’art de questionner la société dans ses règles et ses limites.

L’artiste devait-il informer la population de ses intentions ? Vu le caractère provocateur de l’œuvre, jamais un tel projet n’aurait vu le jour. Pourtant elle est un témoignage des courants de notre temps. Ce genre de projet, si nous devions compter sur l’adhésion des citoyens, ne verrait jamais le jour. La pyramide du Louvre a choqué au début de son histoire, la tour Eiffel, puis la population s’est emparée de ces édifices et a fini par les accepter. La commune de Saint Romain, conservatrice, s’est révoltée contre la construction de la Demeure du Chaos. Ils appellent à sa destruction.

La justice et l’Etat doivent intervenir, certes pour condamner l’absence d’autorisation préalable lors de son édification afin de faire respecter les règles et la loi, mais aussi aujourd’hui, vu la réaction positive de la communauté artistique, (c’est en effet aujourd’ hui une œuvre reconnue par le monde de l’art), protéger cette demeure comme il se doit.

L’artiste quant à lui a toute une campagne d’information à mener autour de son projet en ayant pour but de le faire accepter. Rien ne se crée sans l’adhésion et la participation active du public. Les générations futures s’empareront peut-être de ce projet grâce à l’éducation mais aussi aux mutations de la jeunesse.

Une œuvre d’art de cet ordre bâtit sa réputation dans le temps. Viendra un jour où le public en pèlerin de l’art contemporain se rendra sur les lieux de la Demeure du Chaos.

C’est le rôle également des amateurs d’art, des enseignants, des exégètes de l’art et de toute la presse de mener une campagne d’information pas seulement sur les lois mais aussi sur les vertus transgressives de l’art comme phénomène agissant sur le préjugés et l’ignorance. C’est en effet une affaire de goût qui est jugée dans cette affaire car à priori, le spectateur non averti n’adhère pas à ce projet.

Pour autant, l’art n’est pas au dessus des lois et l’artiste ne peut pas se comporter en dictateur du regard. Il n’a pas le droit d’imposer son oeuvre et c’est bien le problème de l’architecture. D’un autre côté cette oeuvre pose la question de la liberté d’expression artistique dans le domaine de l’urbanisme.

« A ce jour, Thierry Ehrmann est bel et bien condamné à une remise en état de son domaine. Mais, il ne se plie pas aux injonctions de justice. » (wikipédia, lire l’article sur la demeure du Chaos).

Analyse plastique:

Cette oeuvre est un assemblage géant et monumental d’oeuvres d’art organisées et assemblées dans l’espace de la demeure sur 12 000 m2 de terrain, une oeuvre in situ débordant vers l’extérieur. Ehrman a souhaité que son oeuvre soit un gigantesque musée d’art contemporain. C’est un métissage de toutes les nouvelles formes artistiques, c’est une forme d’urban-art, d’art urbain prenant possession d’une demeure entière. Elle est située à Saint Romain au Mont d’Or, petit village de pierres dorées. Elle est composée de différents objets assemblés: « vestige de météorite, hélicoptère écrasé au sol, squelettes calcinés de voitures, inscriptions géantes peintes sur les murs, les sols et les toits, sculptures menaçantes de ferrailles rouillées, vestiges d’incendies, poutrelles et structures de béton de blockhaus, têtes de mort monumentales dans les arbres » wikipédia

L’oeuvre forme un contraste (couleur, matière, contraste de matériaux, contraste de formes, composé(ville)/décomposé et désorganisé (demeure du chaos) saisissant avec le site environnant de Saint Romain au Mont d’Or. C’est une installation monumentale et un pénétrable géant.

3ème, Shimon Attie

Publié: février 7, 2012 dans 3ème, Arts et pouvoir, histoire des arts

Berlin 1991

Berlin, 1991

Shimon Attie

 

Problématique et analyse :Dénoncer ou servir le pouvoir ?Shimon Attie dénonce les crimes contre l’humanité, la Shoah
Date de création et contexte historique :1991 dans l’ex quartier juif de Berlin
Auteur :Shimon Attie, Professeur adjoint de l’art, l’Académie d’Art de Berlin, ALLEMAGNE, Né à Los Angeles 
Interprétation de l’œuvre :Shimon Attie à partir des années 1991 a projeté à Berlin des images des années trente dans le quartier juif de la ville. Il a retrouvé les lieux où ces photos avaient été prises et les a projeté in situ. On voit ici un juif dans son échoppe en train de travailler. Il s’intègre parfaitement à l’espace environnement et surgit dans la nuit comme un fantôme venant hanter la mémoire des Allemands. Ceux-ci ont bien accueilli cette œuvre d’art mais au bout d’un certain temps, ont manifesté un sentiment de rejet. (cf Guernica de Picasso).L’image projetée en noir et blanc forme un contraste avec l’espace d’aujourd’hui photographié en couleur. Deux temps se superposent donc celui du présent et celui de la mémoire.Dans la deuxième photographie, on voit une librairie juive avec l’enseigne écrite en hébreu. Un passant regarde la devanture.Attie s’est inspiré d’Ernest Pignon Ernest dont voici une installation dans des cabines téléphoniques où le personnage est en noir et blanc dans un décor en couleur. C’est pour Ernest Pignon Ernest la représentation du désespoir en noir et blanc, de la solitude qui contrastent avec le monde extérieur en couleur. Ce sont des affiches géantes collées dans des cabines, des reproductions de dessins effectués par l’artiste. Attie s’inspire donc d’Ernest Pignon-Ernest.

Un autre artiste a utilisé ce procédé mais en faisant des montages sur Photoshop. Il s’agit d’Edwig Teeuwisse qui a pris des anciennes photos d’Amsterdam pendant la deuxième guerre mondiale et qui a superposé ces images à des photos actuelles.

Imaginez-vous vous promener en ville et que vous voyez surgir dans la rue une image en noir et blanc des temps passés, vous seriez sûrement interloqués. L’effet est un trompe l’oeil agissant sur et dans la réalité. C’est un contraste de réalité / Virtualité que ces trois artistes mettent en scène. Mais dans les oeuvres de Shimon Attie, la virtualité a bien eu lieu, ce sont de vrais personnages pris en photo à un moment tragique de l’histoire. On peut dire que c’est une mise en abîme du temps et de l’histoire qui opère dans ses réalisations. Ces personnages sont comme des ombres émanant d’un temps passé, des fantômes surgissant d’un ancien temps révolu. Shimon Attie modifie la perception du temps en incrustant dans la réalité des morceaux du passé. Pour lui, l’avenir est dans la mémoire de ce qui a été. Il lutte contre la perte de mémoire, l’amnésie avec ses oeuvres projetées dans les rues de Berlin.

Rapport à la problématique :Il dénonce la shoah et  exhorte la population à la mémoire. C’est une œuvre commémorative.
 


• Problématique et analyse : Dénoncer ou servir le pouvoir : cette planche dénonce l’engagement déraisonné des officiers de la 1GM, dévoués à la grandeur de la France dans une guerre qui les dépassent. Les conséquences sont désastreuses.

• Auteurs :
Reynald Secher, né le 27 octobre 1955 à Nantes (Loire-Atlantique), est un historien, écrivain et scénariste français diplômé de Paris IV. Il est créateur et directeur de la société Reynald Secher Éditions, professeur de relations internationales dans l’enseignement supérieur1 et président de l’association Mémoire du Futur de l’Europe.
Guy Lehideux, scénariste-dessinateur
Dessin Jean-Claude CASSINI

• Date de création et contexte historique : Publiée en 2008, cette BD présente la 1GM dans une ambiance de débat entre historiens sur le sens à donner à cette guerre, pourquoi les soldats et les officiers se sont battus et investis dans cette guerre aux dimensions inédites.
Cette BD présente la bataille de Verdun qui se déroula lors de la 1GM, entre le 21/02/1916 et le 18/12/1916, qui est le symbole de la bataille de la 1GM. Elle est présentée comme une véritable boucherie, une bataille de l’artillerie contre l’infanterie, qui engendre des chiffres inimaginables d’obus tirés, de blessés, de morts…

• Rapport à la problématique
Ici l’auteur appuie l’idée d’une adhésion, au moins pour les officiers, aux valeurs nationalistes, patriotiques françaises.

• Visée et enjeux de l’œuvre :
L’art n’est pas ici directement au service d’un pouvoir, mais dévoile une critique d’un engagement patriotique irraisonné, déconnecté de la réalité de la guerre et de la finalité du conflit, engendrant des conséquences terribles et inédites qui ont profondément marqué les esprits de l’époque.
La construction de la planche permet de mettre en parallèle :
– Assauts/blessés en grand nombre
– Assauts menés par des officiers sabre au poing/explosions des obus : voir au premier plan un officier en couleur, sabre au poing, et au second plan une explosion avec des ombres de soldats : opposition d’un officier plein de conviction qui part à la bataille, et des soldats qui se retrouvent déshumanisés face à un feu qui les écrase.

• Vocabulaire spécifique de base à maîtriser pour l’étude de cette œuvre :

Vocabulaire spécifique de la BD :
Planche : page entière de B.D., composée de plusieurs bandes.
Une bande : (aussi appelée un “strip”) succession horizontale de plusieurs images.
Une vignette : (aussi appelée une case) image d’une bande dessinée délimitée par un cadre.
Une bulle : (aussi appelée un phylactère) forme variable qui, dans une vignette, contient les paroles ou pensées des personnages reproduites au style direct.
Un appendice relié au personnage : permet d’identifier le locuteur. Il prend la forme d’une flèche pour les paroles et de petits ronds pour les pensées.
Un cartouche : encadré rectangulaire contenant des éléments narratifs et descriptifs assumés par le narrateur, appelés également commentaires.

Artillerie lourde ; infanterie.

Les teintes brunâtres et bleutées des 3ème et 4ème vignettes rappellent les couleurs des autochromes de cette période. (autochrome: première photographie couleur inventée par les Frères Lumière).

 

Problématique et analyse :Dénoncer ou servir le pouvoir ?Arman dédie ce monument à la fin de la guerre du Liban et à la paix retrouvée dans ce pays.
Date de création et contexte historique :La Guerre du Liban est un conflit qui s’est déroulé de 1975 à 1990 faisant entre 130 000 et 250 000 victimes civiles.
Auteur :Arman très connu pour ses accumulations d’objets érigés en œuvre d’art.Arman, Home sweet home, 1960, masques à gaz
Interprétation de l’œuvre :Sur la route de Beyrouth à Damas, il y a ce curieux monument, cadeau de la France au Liban.Les carcasses de chars et de canons coulées dans une gangue de béton symbolisent la paix retrouvée. Ils sont emprisonnés dans le béton, figés, stoppés net ne pouvant plus avancer. L’arrêt de la guerre est immédiatement visible et compréhensible dans cette œuvre. Le monument est haut de 32 m et pèse 6 000 tonnes. Il est visible de loin.Mais on peut aussi y voir une sorte de super-fortification, un bunker et un ouvrage militaire.De plus, il est à coté du Ministère de la défense, sur la route de Damas et il est interdit de le photographier.Curieux monument à la paix retrouvée, qui ressemble vraiment à un bunker. Cette oeuvre rappelle aussi les immeubles éventrés par les tirs durant la guerre, portant les stigmates des conflits. L’artiste en plongeant les chars dans du béton montre sa volonté d’arrêter la guerre. Le temps paraît comme suspendu dans cette oeuvre gigantesque. Le béton avec les ouvertures est comme rongé par le temps.
Rapport à la problématique :Arman dénonce la guerre dans ce monument aux chars incrustés dans du béton.
Vocabulaire spécifique :Monument, accumulation
Prolongement et rapprochement avec d’autres œuvres artistiques :Cette œuvre monumentale est à rapprocher le Guernica  de Picasso, peinture elle aussi aux dimensions monumentales.
Autre :
Questions à poser aux élèves le jour de l’examen :Comment Arman réussit-il à dénoncer la guerre ?

Etude réalisée à partir de nombreux articles sur le net.

Problématique et analyse :Dénoncer ou servir le pouvoir ? Jochen Gerz invite dans ce monument aujourd’hui enfoui dans le sol à dénoncer le fascisme et appelle à se souvenir de la shoah.« Monument contre le fascisme » affirme la volonté des artistes de ramener à notre esprit les méfaits engendrés par le fascisme, et pose se monument comme une opposition à ce régime.
Date de création et contexte historique :; inauguration le 10 octobre 1986,disparition totale le 10 novembre 1993.L’œuvre a été progressivement enfouie dans le sol et aujourd’hui, seuls sont visibles au centre de la place le sommet de la colonne aujourd’hui sous verre et le panneau de texte invitant les personnes à signer.
Auteur :Jochen GERZ et ESTHER SHALEV-GERZ,
Interprétation de l’œuvre :Jochen Gerz a installé dans la ville de Harbourg une colonne d’acier haute de 12 mètres recouverte d’un mince couche de plomb. Quatre stylets étaient accrochés à la colonne. Il y avait écrit dans sept langues une invitation à signer en gravant sur la colonne son nom avec les stylets prévus à cette occasion. Au fur et à mesure que l’espace était rempli, la colonne était enfouie dans le sol afin de dégager une nouvelle surface libre. Le passant devient co-auteur de l’œuvre interactive.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jochen_Gerz

Ce monument rappelle les stèles avec les inscriptions des personnes disparues dans les camps de concentration, notamment dans le camp de Buchewald. « Les signatures, de personnes vivantes, sur la colonne forment une longue liste semblable à celles des noms de victimes de l’holocauste.Des tirs, des graffitis avec « étrangers dehors » mais aussi des croix gammées ont été tracées sur ce monument qui témoigne ainsi de la réaction du public face à l’holocauste. C’est une pétition géante en acier, un tract monumental. Ce monument entre dans la tradition des pierres gravées de tous les temps.« Nous invitons les citoyens de Harburg et les visteurs de cette ville à ajouter ici leurs noms aux nôtres. Cela doit nous inciter à être et demeurer vigilants. Au fur et à mesure que les noms couvriront cette colonne de 12m, elle s’enfoncera progressivement dans le sol. Un jour elle aura complètement disparu et la place du Monument de Harburg contre le fascisme sera vide. Car rien ne peut au long cours s’ériger à notre place contre l’injustice » E.S-G.et J.G. La colonne s’enfonça en 8 étapes du 10/10/86 au 10/11/93.Elle est désormais visible par fragment à travers une fenêtre-meurtrière. »On érige un monument à la mémoire de quelque chose, ici le mouvement est inversé, de l’ordre de l’enfouissement comme étaient autrefois enfouies les « capsules temporelles », sortes de conteneurs remplis d’objets divers d’une époque devant être exhumés à une date donnée. L’oeuvre de Gerz est une capsule temporelle, un témoignage dans le temps.Plaque recouvrant une capsule temporelle enfouie en californie en 1996 et devant être ouverte en 2075.

Rapport à la problématique :Jochen Gerz dénonce le fascisme en invitant le public à prendre parti dans cette œuvre. C’est une oeuvre collective invitant le public à s’engager contre la dictature.
Vocabulaire spécifique :Monument.
Prolongement et rapprochement avec d’autres œuvres artistiques :Cette œuvre monumentale est à rapprocher le Guernica  de Picasso, peinture elle aussi aux dimensions monumentales. Peter Eisenmann, Monument à la shoah
Autre :Le monument a pour but de faire revivre au présent un passé englouti dans le temps. — (Françoise ChoayL’Allégorie du patrimoine (1992), éd. Seuil, coll. la couleur des idées, 1999 (édition revue et augmentée)Monument et monument historique, p. 21.) L’étymologie du mot monument: Du latin monumentum, dérivé du verbe moneo (se remémorer).Témoignage de Jochen Gerz: » L’art est un mécanisme qui joue avec l’oubli. Il ne peut pas y avoir de mémoire là où il n’y a pas d’oubli. La mémoire doit surgir de l’oubli »http://www.civismemoria.fr/contribution/?module=contrib&contrib=516
Questions à poser aux élèves le jour de l’examen :Comment Jochen Gerz réussit-il à toucher les spectateurs dans cette œuvre et à les faire participer ?

Christian Boltanski

Personnes.

Diapositive02

Installation monumentale comprenant:

⁃               un mur de caisses rouillées et numérotées de biscuits

⁃               50 tonnes de vêtements achetés dans des friperies

⁃               une pince de chantier rouge

⁃               des hauts-parleurs

⁃               des néons

Lieu et date de cette installation: Grand Palais à Paris en janvier 2010

Rapport à la problématique: Boltanski, dans Personnes, dénonce les crimes contre l’humanité notamment la shoah. On peut voir dans cette oeuvre également une référence aux charniers.

Description et interprétation de l’oeuvre:

Le visiteur commence par se heurter à un haut mur de caisses de biscuits numérotées s’élevant devant lui comme un écran géant barrant la vue de ce qui se trouve derrière. C’est un mur de séparation entre l’extérieur et l’intérieur de l’oeuvre. On peut songer au mur de Berlin séparant jusqu’en 1989 Berlin Est de Berlin Ouest. Ces caisses empilées, accumulées, évoquent également les cimetières espagnols ou des urnes funéraires où les personnes ne sont plus que des numéros. Comment ne pas songer aux déportés tatoués par les allemands les considérant comme de simples numéros sans identité, sans nom ni prénom ? D’ailleurs le titre Personnes n’évoque-t-il pas l’anonymat ? Les ombres des visiteurs sont projetées sur le mur formant des troupes de silhouettes sombres glissant, dansant sur les caisses de biscuits telle une danse macabre. Voir le film http://www.artnet.fr/magazine/expositions/SPIES/Boltanski.asp  »

La Danse macabre est un élément, le plus achevé, de l’art macabre du Moyen Âge, du xive au xvie siècle. Par cette sarabande qui mêle morts et vivants, la Danse macabre souligne la vanité des distinctions sociales, dont se moquait le destin. » http://fr.wikipedia.org/wiki/Danse_macabre

Danzas_de_la_muerte

Danse macabre de Guyot Marchant 1486 On entend une rumeur parvenir à nos oreilles sans pouvoir identifier nettement les bruits. On perçoit un brouhaha, comme un martellement mêlé de sons de voix. « Beaucoup de monde, une foule de personnes se trouverait-elle à l’intérieur ?», se demande-t-on. Une fois le mur passé, le visiteur pénètre au coeur de la nef de verre du Grand Palais, à  l’intérieur de l’oeuvre où un vacarme saisissant se fait précisément entendre. Bruits d’usine ou de machines, le spectateur a du mal à identifier la rumeur étourdissante. Ce sont des enregistrements de battements de coeurs juxtaposés puis diffusés à grand volume qui se mélangent avec les commentaires des visiteurs. Les spectateurs, d’ailleurs, sont invités à enregistrer leur propre organe vital pour cette installation interactive. Cette pulsation géante incarne la vie dans cette œuvre où la mort est omniprésente. La pulsation de la vie dans cette oeuvre incarne le temps qui passe, la vie qui s’écoule. Personnes est un coeur gigantesque, un coeur universel. Sur le sol sont répartis, disposés en allées formant un quadrillage, 70 rectangles de vêtements multicolores et qu’on devine déjà portés. « Tout se déplie au sol, dans une dimension d’où la vie s’est retirée. » 1 On se croirait dans un cimetière avec des sépultures gisant au sol. Des hauts-parleurs  accrochés à des poteaux situés dans les angles des rectangles de vêtements diffusent le son des coeurs battants. « le grondement doit être physiquement et psychiquement insupportable »2 Des câbles relient les poteaux, obligeant les visiteurs à suivre un chemin précis éclairé par des néons diffusant une lumière froide. « J’ai l’impression d’être dans une décharge » s’écrie une visiteuse.3 Cette installation fait penser aux barraquements dans les camps de concentration. Les câbles renvoient aux fils de fer barbelés dans les camps. C’est l’hiver, le froid fait partie de l’oeuvre précise l’artiste. Le visiteur est saisi par la température qui favorise le recueillement, la méditation et même l’effroi. En effet, cette installation évoque les camps de concentration conçus par les nazis. Christian Boltanski est né dans une famille juive et cite dans ce travail cette période tragique de l’histoire. Les nazis dépouillaient leurs victimes de tous leurs biens jusqu’aux couronnes en or dentaires. Ils en faisaient des piles qu’ils recyclaient. L’artiste veut mettre le spectateur face à l’Histoire, face à l’horreur humaine, dénonçant les crimes contre l’humanité en créant cet événement commémorant la shoah. En effet, cette installation Personnes ressemble fort à une industrie de la mort. Au fond de la pièce se trouve une pyramide gigantesque de vêtements au sommet de laquelle une pince géante de chantier vient saisir puis relâcher quelques vêtements au hasard. Il montre ici le jeu de la vie et de la mort. Cette pince serait « le doigt de Dieu » selon l’artiste. Mais celle-ci nous rappelle également les pinces des fêtes foraines. C’est le seul clin d’oeil humoristique dans cette oeuvre tragique. Comment ne pas songer à la pesée des âmes ou au jugement dernier ? Et c’est avec stupeur que l’observateur voit les vêtements retomber au sommet de la pyramide comme des corps morts lorsque la grue les relâche. Assisterait-on à une pesée des âmes effectuée par la grue où aucune personne ne serait épargnée ? ?

Jugement Dernier: Le Jour du Jugement Dernier (ou Jour de la Résurrection ou Jour du Seigneur ou encore Jour de la Rétribution) est, selon les religions abrahamiques, le jour où se manifestera aux humains le jugement de Dieu sur leurs actes et leurs pensées. Certains seront damnés alors que d’autres seront trouvés justes aux yeux de Dieu. Le devenir des damnés et des justes n’est pas le même selon tous les textes. http://fr.wikipedia.org/wiki/Jour_du_jugement

Le damier formé par les rectangles de vêtements, la pyramide au fond de la salle, l’architecture avec les voûtes du Grand Palais reprennent la structure d’un tableau célèbre de Van Eyck: La Vierge au Chancelier Rolin, du Xvème siècle. Diapositive12

L’oeuvre de Boltanski est un triptyque: composée de trois parties:

_ le mur de caisses de biscuits

_ les rectangles de vêtements au sol

_ la pyramide de vêtements avec la pince géante

Définition de triptyque : Dans le domaine des Beaux-arts, un triptyque (du grec τρίπτυχος, plié en trois) est une œuvre peinte ou sculptée en trois panneaux, dont les deux volets extérieurs peuvent se refermer sur celui du milieu. http://fr.wikipedia.org/wiki/Triptyque

Toute en horizontalité en son coeur, l’installation forme une verticale à l’entrée avec le mur puis avec le mouvement de la pince montant et descendant au sommet de la pyramide cônique. C’est une oeuvre pénétrablemonumentale où l’image et le son jouent leur rôle. On peut dire que c’est une oeuvre d’art totaleCitations de Boltanski: « Ce qui m’intéresse principalement aujourd’hui c’est que le spectateur ne soit plus placé devant une oeuvre, mais qu’il pénètre à l’intérieur de l’oeuvre. » « Cette installation est conçue pour produire un puissant sentiment d’oppression » « La grue représente le doigt de Dieu » La mémoire absente est au coeur de l’oeuvre. La vie invisible et seulement audible, réduite à un seul son de battement de coeurs rend les voix des spectateurs encore plus vivante. Après avoir ressenti l’effroi, le visiteur ne peut que ressentir la vie couler dans ses veines.

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123: http://www.artnet.fr/magazine/expositions/SPIES/Boltanski.asp Citations de Christian Boltanski: « Ce qui m’intéresse principalement aujourd’hui c’est que le spectateur ne soit plus placé devant une oeuvre, mais qu’il pénètre à l’intérieur de l’oeuvre. » « Même les réactions des spectateurs, ses peurs ou ses colères, sont partie intégrante du déroulement de l’oeuvre. »  » Cette installation est conçue pour produire un puissant sentiment d’oppression » « La grue représente le doigt de Dieu » http://archeologue.over-blog.com/article-monumenta-boltanski-l-absence-la-presence-et-le-hasard-43021631.html http://www.parisetudiant.com/etudiant/sortie/personnes-christian-boltanski.html

Rapprochement avec d’autres oeuvres: Oeuvre d’art totale, pénétrable, impression d’entrer dans une décharge: la Demeure du ChaosPrimo Levi: poème en introduction de son livre:  Si c’est un homme

« Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c’ est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui pour un non.
Considérez si c’est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu’à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N’oubliez pas que cela fut,
Non, ne l’oubliez pas :
Gravez ces mots dans votre cœur.
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant ;
Répétez-les à vos enfant.3
Ou que votre maison s’écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous. »

Turin, Janvier 1947, Primo Levi http://fr.wikipedia.org/wiki/Si_c’est_un_homme

Problématique et analyse : Dénoncer ou servir le pouvoir ?Kusturica dénonce la persécution des juifs pendant la seconde guerre mondiale. Court-métrage réalisé à partir de la célèbre peinture de Picasso.Le film est marqué par une réflexion sur l’art, le montage, la lumière et les portraits de visages, mais également l’obsession de son auteur pour les injustices absurdes et monstrueuses de la guerre, et la famille mutilée.
Date de création et contexte historique :Film de fin d’études, Guernica (1978) d’ Emir Kusturica aborde l’antisémitisme vu par l’oeil d’un enfant qui apprend sa judéité au moment même où le nazisme impose aux juifs de porter en brassard l’étoile de David. (source internet)
Auteur :Emir Kusturica,Né à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine) en novembre 1954
Interprétation de l’œuvre :« Le film est marqué par une réflexion sur l’art, le montage, la lumière et les portraits de visages, mais également l’obsession de son auteur pour les injustices absurdes et monstrueuses de la guerre, et la famille mutilée. ».-       L’enfant découpe des photos de famille en mutilant le nez des personnages afin de réaliser un photomontage dont la composition d’ensemble rappelle celle de la peinture de Picasso. Un œil est au centre de la composition.-       Film réalisé en noir et blanc ce qui accentue l’effet dramatique.-

De nombreux cadrages à l’intérieur de chaque plan découpé en une série d’images assemblées : par exemple dans la photo extraite du film ci-dessus, la fenêtre découpe l’image en plusieurs parties auxquelles s’ajoutent les fragments de photos découpées et en arrière-plan un tableau flou accroché au mur. Kusturica reprend l’idée de fragmentation des corps présente dans la peinture de Picasso.-       « Condensé collé et découpé de photographies représentant des têtes, album d’une famille juive éclatée, massacrée puis reconstituée par la main d’un jeune garçon. L’oeil central du collage, en survol au-dessus des têtes, est au moins autant celui de l’enfant dont l’éveil à la cruauté du monde a débuté, que l’oeil attentif du cinéaste. Mais aussi, sans douter, l’oeil des spectateurs complices de Guernica. ».

–       Le film s’achève sur une autre citation de Picasso : Les Ménines  dont il reprend la composition d’ensemble.

Les Ménines de Picasso

Les Ménines de Vélasquez

 

Rapport à la problématique :Kusturica dénonce les idées antisémites dans ce film en reprenant les grands traits de la composition de Guernica de Picasso.
Vocabulaire spécifique :Le contraste de clair-obscur.
Prolongement et rapprochement avec d’autres œuvres artistiques :Rapprochement à faire avec les corps fragmentés présents dans la peinture de Picasso, le parti-pris du noir et blanc. Le découpage (Picasso peint des figures en aplat, sans volume comme des images découpées et planes) (le petit garçon découpe des photos, Kusturica découpe ses plans en plusieurs images.
Autre :http://www.youtube.com/watch?v=m6e2-AbMVoUExtrait du film de Kusturica sur YoutubeInformations sur l’artiste et le film:http://www.cadrage.net/films/guernica.htm
Questions à poser aux élèves le jour de l’examen :Quels sont les points communs entre le film de Kusturica et la peinture de Picasso ?

Problématique et analyse : Dénoncer ou servir le pouvoir ?Personnage anonyme qui dans ses œuvres dénonce des faits politiques et sociaux. Veut perturber le public avec des images choc en général contre les guerres.
Date de création et contexte historique :Parmi ses grands coups, il s’est rendu à la frontière Israélo-palestinienne (West Bank) en 2005, afin de peindre sur le mur de Gaza, séparant Israéliens et Palestiniens. Il réalise neuf peintures, pour la plupart très incisives. Enfants qui font des châteaux de sable, paysages fantastiques, petite fille qui se laisse porter par des ballons. À sa façon, il crie à l’injustice et fait réfléchir. Son oeuvre est mondialement reconnue comme étant une voix dénonçant l’iniquité et l’inégalité, criant haut et fort ce que des millions de personnes pensent.
Auteur :Né en 1974. Personnage mythique de la scène graffiti qui est anonyme et qui signe toutes ses œuvres avec un pseudonyme. Il est l’auteur d’un manifeste publié sur son site internet. Banksy serait un artiste du Street art (Graffiti) originaire de Bristol, en Angleterre. Son art est un mélange d’ironie, d’irrévérence, d’humour et comporte très souvent des messages très clairs comme ses interventions entre Israël et la Palestine. Il est pour la liberté, pour la justice, contre la guerre, la famine et tous les fléaux causés par l’homme.
Interprétation de l’œuvre :Banksy représente dans ses œuvres exécutées au pochoir et parfois préparées à l’ordinateur,  à la frontière israélo-palestinienne des petits coins de paradis. Ici, des enfants jouent dans le sable avec un paysage paradisiaque affiche en trompe-l’œil en arrière plan. Banksy perce le mur séparant les deux territoires en offrant des paysages de paix au regard. Ses œuvres sont en étroite relation avec le site : on voit sur la photographie de son œuvre, un grillage et des barbelés qui donnent un effet dramatique à la scène.Contraste personnages peints en aplat noir et blanc, au pochoir avec le paysage en trompe-l’œil en arrière plan : contraste espace plan/espace illusionniste. »Banksy a fondé le projet « Santa’s Ghetto » en réalisant des peintures sur le mur de Gaza afin de redonner espoir aux habitants palestiniens. En 2005, aidé par d’autres artistes, comme Ron English, un Américain, le mur de séparation prend petit à petit les couleurs d’une toile artistique géante, comme avec l’image de la petite Vietnamienne brûlée au napalm qui tient par la main Mickey Mouse et Ronald McDonald. »

http://fr.wikipedia.org/wiki/BanksyKim Phuc, brûlée au napalm – Nick UtWikipédiaConcernant ce projet, Banksy raconte dans son livre Wall & Piece, qu’un jour, alors qu’il peignait sur le mur de séparation, un habitant est venu lui dire : « vous embellissez le mur ». Banksy, flatté : « Merci, c’est gentil », fut aussitôt coupé par le vieil homme : « On ne veut pas que ce mur soit beau, on ne veut pas de ce mur, rentrez chez vous ».

http://www.bizwall.net/archive/helenbeck/BANKSY/fr/Biographie.html

Rapport à la problématique :Œuvre qui dénonce les actes de guerre entre Israël et la Palestine
Vocabulaire spécifique :Trompe-l’œilContrastePochoir
Prolongement et rapprochement avec d’autres œuvres artistiques :S’est inspiré d’Ernest Pignon-Ernest artiste travaillant in situ (sur le site, en créant une relation avec le décor, l’espace environnant).Les ombres de Nagasaki et d’Hiroshima ont hanté Ernest PIgnon Ernest. Il a apposé des images peintes, de personnes dans le désarroi, chômeurs, dessinées, sérigraphiées sur du papier fragile, sur les murs des cités, dans des cabines téléphoniques, qui se marient à l’architecture urbaine, et acceptées par les populations qui les défendent même de leur dégradation lente (Naples). Ernest Pignon-Ernest dénonce l’art construit pour les musées et expositions...au début il y a un lieu, un lieu de vie sur lequel je souhaite travailler. J’essaie d’en comprendre, d’en saisir à la fois tout ce qui s’y voit : l’espace, la lumière, les couleurs… et, dans le même mouvement ce qui ne se voit pas, ne se voit plus : l’histoire, les souvenirs enfouis, la charge symbolique… Dans ce lieu réel saisi
ainsi dans sa complexité, je viens inscrire un élément de fiction, une image (le plus souvent d’un corps à l’échelle 1). Cette insertion vise à la fois à faire du lieu un espace plastique et à en travailler la mémoire, en révéler, perturber, exacerber la symbolique
… Ernest Pignon Ernest.

La démarche de Banksy suit cette voie.

Autre : Sources site internet Banksyhttp://www.banksy-art.com/art-banksy.htmlhttp://www.pignon-ernest.com/

Questions à poser aux élèves le jour de l’examen :Qu’est-ce qu’un trompe-l’œil ?Ici Banksy représente la colombe de la paix avec un gilet pare-balles. Une cible peinte en rouge est représentée sur son ventre. On peut rapprocher cette colombe de celle peinte par Picasso dans Guernica, poignardée avec un couteau.Sources: Wikipedia et site de l’artiste. Idem pour Ernest PIgnon Ernest

Problématique et analyse : Dénoncer ou servir le pouvoir ?Ce tableau dénonce le pouvoir.
Date de création et contexte historique :Création : 1920L’œuvre est une peinture à l’huile intégrant des collages sur toile.

Les techniques utilisées rapprochent Otto Dix du courant « dadaïste », mais ce tableau s’inscrit dans le courant expressionniste, en ce que l’art est un moyen d’exprimer des angoisses et une révolte face à la situation sociale et économique difficile.

 

Auteur :Otto Dix est allemand, né en 18921. Il participe à la guerre en tant que simple soldat, engagé volontaire, il est foncièrement militariste en 1914. Il trouve que la guerre est « juste ». Après la guerre, il devient antimilitariste et veut dénoncer les horreurs de la guerre à travers soin art.

Après l’arrivée au pouvoir d’Hitler en 1933, Dix est considéré comme un artiste « dégénéré »,  ses tableaux sont détruits en grande partie.

 

Interprétation de l’œuvre :L’horreur de la guerre : mutilation, prothèses, handicaps. –       Les victimes directes sont : le mutilé, le cul de jatte.

–       Les victimes indirectes : l’enfant et la femme.

–       Les artifices réparateurs proposés à la société sont : les perruques, corsets et prothèses.

La crise sociale :

–       1er plan : ceux qui s’en sortent : le cul de jatte-ancien combattant-et l’hommes-bras qui a profité de la guerre pour s’enrichir.

–       2ème plan : les perdants : le mutilé mendiant, la femme veuve prostituée, l’enfant orpheline

–       Arrière plan : la remise en cause des normes esthétiques et morales : prothèses=marionnettes, buste=prostitution, perruques=travestissement.

La crise politique :

–       Le tract antisémite de la ligue des anciens combattants accusent les juifs et les  socialistes d’être responsables de la guerre.

–       Les bourgeois sont les décideurs : le chien montre les crocs

–       La faux traverse le tableau : la violence se retournera contre les profiteurs

 

Rapport à la problématique :Ce tableau veut dénoncer la violence politique qui existe à la fin de la première guerre mondiale et témoigne de la brutalisation des sociétés en temps de paix.
Vocabulaire spécifique :Antimilitarisme, crises, expressionisme
Prolongement et rapprochement avec d’autres œuvres artistiques :Guernica, de Pablo Picasso qui réagit après le bombardement de la ville en 1936
Questions à poser aux élèves le jour de l’examen :Quelles sont les intentions d’Otto Dix ?Pour quelle raison le régime d’Hitler rejette-t-il Otto Dix à partir de 1933 ?

 

Problématique et analyse : Dénoncer ou servir le pouvoir ?Kata Legrady dénonce l’utilisation des enfants-soldats pendant les guerres.
Date de création et contexte historique :Exposition 6 février 2010 > 6 mars 2010 Gallery Rabouan Moussion
Auteur :L’artiste Kata Legradyest née en Hongrie en 1974. A l’effondrement du régime en 1989, la démocratisation apporta son lot de nouveautés, parmi lesquelles… des Smarties.
Interprétation de l’œuvre :Photographie agrandie pour figurer le regard de l’enfant, arme représentée de manière frontale, de face sans effet de profondeur ni de perspective dans le but de créer une image choc.Image qui séduit dans un premier temps avec les couleurs vives des smarties  puis qui repousse à cause de la présence de l’arme. »Des images à la précision clinique et vibrante de couleur hantées, précise l’artiste, par celles d’enfants-soldats ou d’autres indicibles abominations. » L’objet obtenu peut être exposé tel quel. Il est alors présenté sous cloche ou sous verre comme une curiosa ou un puissant talisman, ou bien il peut être photographié.http://www.actuart.org/pages/kata-legrady-armes-de-guerre-et-bonbons-colores-5641294.htmlDans ce cas, l’échelle peut être modifiée et l’objet démesurément agrandi. Celui-ci apparaît toujours de manière frontale, éclairé par une lumière étale, se détachant sur un fond blanc immaculéContraste d’attraction/répulsioncontraste maximum avec le fond blanc/couleurs vives/arme noir et gris

http://www.galerie-rabouan-moussion.com/fr/expositions/bombs-candies/10

Rapport à la problématique :Cette œuvre dénonce la fascination des armes et leur utilisation par les enfants en période de guerre.
Vocabulaire spécifique :ContrasteFrontal
Prolongement et rapprochement avec d’autres œuvres artistiques :Image choc à rapprocher de Guernica de Picasso (grand format, frontalité, contraste) et celles de Banksy.
Autre :
Liens et informations:http://mycontemporary.com/fr/artistes/kata-legrady

Problématique et analyse : Dénoncer ou servir le pouvoir ?Comment Otto Dix , témoin de son temps, s’engage en dénonçant l’horreur de la guerre dans le tableau « les joueurs de skat »? ..
Date de création et contexte historique :« Invalides de guerre jouant aux cartes », 1920

huile et collage sur toile, 110×87 cm, galerie nationale de Berlin.

Réalisée 1920 cette peinture appartient au mouvement DADA.

DADA est un mouvement artistique né en 1914 à Zurich et à Berlin. Les dadaïstes de Berlin voulaient mettre en évidence les infirmités des soldats dues à la guerre. « la guerre est une affaire monstrueuse » O. Dix. C’est la raison pour laquelle ils créent de nouvelles formes d’expression, une esthétique de la laideur, une « nouvelle objectivité ».

La réalité est déformée pour provoquer une réaction émotionnelle. Elle est stylisée pour atteindre une plus grande intensité.

La société allemande a été choquée par ses œuvres car elles ne présentaient pas les soldats allemands en héros.

Les nazis ont censuré ses toiles, les considérant comme un art  «dégénéré».

Auteur :Otto Dix 1891-1969 né et mort en Allemagne

Il a participé à la Première Guerre mondiale. Il a participé la «guerre des tranchées» sur le front français et le front russe.

Il est gravement blessé plusieurs fois. La guerre, qui le traumatise profondément, deviendra le thème majeur de son œuvre,

dans ses toiles, mais aussi dans de nombreux dessins et gravures.

Interprétation de l’œuvre :L’espace

Réalisé après l’armistice cette toile représente une scène de la vie quotidienne, elle se situe sans doute dans une taverne.

Ce n’est pas un champ de bataille, c’est un espace civil.

Les éléments du décor

-A droite un porte manteau aux crochets menaçants.

-Au dessus des trois hommes sont affichés des articles de journaux allemands qui font référence au conflit franco-allemand

pendant la première Guerre Mondiale

-A gauche un lampadaire où l’on distingue une tête de mort, éclaire la scène.

-En bas du tableau: un enchevêtrements de pieds de table, de tabourets et de prothèses de bois occupent le tiers de l’espace et

procure à l’oeuvre un caractère d’instabilité.

les personnages

-Au centre du tableau sont représentés trois anciens combattants jouant aux cartes assis autour d’une table. Ces trois

caricatures ne peuvent plus tenir les cartes en main: prothèses, pieds et bouches les remplacent dans cette fonction. Ils sont

difformes , estropiés, affreux.

Couleurs

Toutes les couleurs tournent autour du verdâtre, noir, et bleu foncé, elle confèrent au tableau une atmosphère glauque.

Construction

Le cadrage serré du tableau est centré autour des trois figures du premier plan. Elles sont étroitement assises autour d’une

petite table circulaire sur un fond sombre. Les lignes cassées et confuses induisent un déséquilibre dans la construction et

renforcent l’idée de mal être chez le spectateur.

Rapport à la problématique :Ce tableau relate l’horreur des blessures lors des combats de la première guerre mondiale. Les personnages sont des

caricatures des anciens combattants. Ils sont difformes, estropiés. Ils symbolisent les traumatismes de la guerre.

Vocabulaire spécifique :Oeuvre figurative utilisant des formes caricaturales.

 

Prolongement et rapprochement avec d’autres œuvres artistiques :GUERNICA de PICASSO, seconde guerre mondiale

comparaison des couleurs des formes, des procédés plastiques de l’artiste

la naissance de l’affiche

Autre :Ici, vous insérez votre texte, les lignes s’ajusteront automatiquement ..
Questions à poser aux élèves le jour de l’examen :Quels sont les moyens plastiques utilisés par Otto DIX pour montrer les horreurs de la guerre?

Problématique et analyse : Dénoncer ou servir le pouvoir ?

Comment David met-il Napoléon en avant dans ce tableau ?

Date de création et contexte historique :

Ce tableau a été peint en 1800, il en existe cinq versions. Il a servi de portrait officiel de Napoléon. La tableau évoque le franchissement du col alpin au début de la seconde campagne d’Italie. Il est considéré comme un peintre classique, il est attaché à l’esthétique antique (grecs et latins). Il est très admiratif de Napoléon et en devient le peintre officiel.

 

Auteur :

Jacques-Louis David est un peintre français né à Paris le 30 août 1748 et mort à Bruxelles le 29 décembre 1825. Il est considéré comme un peintre classique, il est attaché à l’esthétique antique (grecs et latins). Il est très admiratif de Napoléon et en devient le peintre officiel.

 

Interprétation de l’œuvre :

Bonaparte est représenté sur son cheval qui se cabre. Il indique à son armée, visible à l’arrière-plan, la direction à suivre. Son visage impassible est mis en avant par sa blancheur, impression de calme et de détermination.

L’ensemble du tableau est parcouru par un mouvement vers la gauche, et donc vers l’Autriche et l’Italie. Ce mouvement est visible dans le mouvement de la queue du cheval, dans le drapé, dans le geste de Napoléon.

Au premier plan, sur les pierres, sont gravés les noms d’illustres guerriers qui ont, eux aussi, traversé les Alpes : Hannibal et Charlemagne. Napoléon est implicitement mis à leur niveau.

Rapport à la problématique :

Idéalisation de Napoléon, le tableau contribue à la propagande en faveur du futur empereur. Celui-ci est présenté comme un chef de guerre charismatique qui sait motiver ses troupes.

 

Vocabulaire spécifique :

Culte de la personnalité.

Propagande.

Prolongement et rapprochement avec d’autres œuvres artistiques :

D’autres œuvres de Jacques-Louis David ont été étudiés ou abordées en cours :  Napoléon en costume de sacre (1805), le sacre de Napoléon (1808).